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17/07/2017

Epitaphe pour Doctor Who

Quelqu'un qui ne veut pas se faire spoiler très gravement sur la prochaine saison devra passer son chemin.

Les limites anciennes doivent être brisées pour que l'humain soit libre : quelqu'un qui est homme peut devenir femme sans que cela ne change rien à la dynamique de sa vie. Si Diane avait eu une identité masculine et Mercure une identité féminine, cela n'aurait rien changé à la mythologie grecque. Gandalf, s'il était là, dirait dans un sourire que celui "qui brise une chose pour découvrir ce que c'est a quitté la voie de la sagesse". Réjouissons-nous ! On a mis à bas ce mur : on va voir ce qu'il y a derrière.

Dommage, du haut de la tour, je voyais la mer...

D'autres expriment leur colère de manière plus radicale : un nerd de 17 ans m'envoie ce texte, qu'il aurait peut-être destiné au bac de français s'il en avait eu l'occasion. Le ton est assez cash et je me suis permis de remodeler certains passages (en noir). La réaction n'en est que plus intéressante, notamment par sa conclusion.

Depuis 1963, Doctor Who était le plus bel échantillon de série SF qu’on puisse imaginer. Doté d’un univers sans limite, DW était aux jours glorieux un OVNI emblématique de sa patrie britannique. Certes il y eu des difficultés, certes la série dut s’interrompre, mais c’était pour mieux recommencer il y a douze ans de cela, sous les meilleurs auspices. C’était le bon temps : Russel T Davies était aux commandes, Tennant était dans son TARDIS comme un poisson dans l’eau…

Et puis Moffat vint.

Au début, il affichait un visage bienveillant et proposait un travail tout à fait convenable… Mais peu à peu, on ressentait que Doctor Who était ‘sa’ série, son outil, son précieux : il avait tout simplement supprimé l’existence même de DW en tant que fin, pour n’en faire qu’un moyen comme un autre, un prétexte à l’expression de ses délires timey whimey divers. Désireux de mettre son nouveau jouet au service de grandes causes égalitaires (au-delà de nombreux choix scénaristiques certainement contestables mais n’étant pas le sujet du présent texte), il commença à prostituer le Docteur auprès des LGBTQXKWZGHDAJN et autres féministes bisounoursoïdes [de diverses communautés], leur donnant de plus en plus de gages de sa soumission (je ne cite pas d’exemples précis, désireux de ne pas souiller la mémoire du défunt Docteur, mais je n’en pense pas moins). Il est d’ailleurs surprenant que Moffat tombe dans ce travers dont jamais n’avait été atteint Davies, pourtant gay friendly comme nul autre [étant donné qu'il est homosexuel et connu pour son apport au cinéma gay], mais qui empli de respect pour DW, n’a jamais voulu en faire un instrument de revendication.

Dès lors qu’on considérait Doctor Who comme un moyen de dispenser à chacun un discours sociétal moralisateur, toutes les dérives étaient permises…

A noter que, en choisissant librement alors d’enrôler Doctor Who dans le cadre de débats de société clivants, la production de DW excluait certaines sensibilités politiques de son audimat par la stratégie du « convertissez-vous où partez » : je ne pense pas être le seul à avoir remarqué les nombreuses piques moralisatrices de Moffat à l’attention de ceux qui ne pensent pas comme il le voudrait (ah là là, qu’ils sont vilains !) [On pourrait accuser les féministes des choix présents ; ce serait oublier leur malaise après Kill the Moon en saison 33 8. L'instrumentalisation en elle-même finit toujours par se révéler un problème aux yeux de tous].

Moffat s’en va. Le spectre de ses idéologies reste. La nouvelle est tombée hier: le Docteur sera une Doctoresse. Cette décision en elle-même est déjà hautement contestable : il a déjà été évoqué par certains l’importance de l’aspect paternel du Docteur [c'est dans la Corbeille], ressort psychologique clé de la série (donc je ne reviens pas outre mesure là-dessus).

Deux causes peuvent justifier cette décision : au mieux, ce n’est que le choix de succomber à un effet de mode (décevant tout de même, pour une série supposée dépasser le temps lui même)… Au pire, il s’agit de l’aboutissement du détournement pernicieux de Doctor Who dans une visée militante, au service ici de l’idéologie questionnée et source de débats qu’est celle du genre (la notion d’homme et de femme ne serait que pure construction sociale, les deux seraient donc identiques et interchangeables). Si c’est consciemment dans cette visée qu’en ont décidé ainsi les grands pontes de la BBC dans la droite lignée des torts Moffatiens, ils ont oublié totalement la finalité première de la série durant les cinquante dernières années (pas si complexe à comprendre, pourtant): le divertissement pur et simple, innocent, sans arrière pensée.

Ainsi, l’image qui, dans notre inconscient, faisait du Docteur une figure paternelle à nos yeux, est brisée par un clientélisme contestable auprès de revendications diverses. Lui qui semblait éternel malgré ses régénérations, figure rassurante d’un protecteur constant, verra une partie intrinsèquement inaltérable de sa personne changée. Les plus abrutis dansent ce soir sur son cadavre (quel grand bond en avant pour cette série qui était jusqu’alors rétrograde voire intégriste !), insultant ceux (ces salauds de fascistes, réminiscences débiles d’un âge sombre et patriarcal) qui osent critiquer cette décision ancrée dans un progrès social illuminé et glorieux.

Le joujou de Moffat n’a-t’il pas été cassé par ce gamin imprudent ?

Moi-même je m’interroge : regarder la série en vaut-il encore la peine sachant qu’une part non négligeable de son identité aura été perdue ? Si Doctor Who n’est plus qu’un outil d’expression politique, pourquoi devrais-je encore m’y intéresser ? Je n’ai nul besoin de voir les revendications des uns et des autres devenir un twist majeur de mes séries préférées, enrobées d’un de ces scénarios mièvre qu’on a vu apparaître de plus en plus… Pour conclure cet épitaphe du Docteur en forme (peut-être un peu trop, mea culpa) de fusillade contre ses assassins, une petite phrase extraite du téléfilm An Adventure in Space and Time (sur les origines de la série, à voir) : « We can’t have Doctor Who without Doctor Who… »

Il y a au moins une bonne nouvelle dans tout ça : en ce jour, Game of Thrones reprend du service, et Westeros (ses joyeux massacres, ses bordels si affriolants) est un monde si peu moral qu’au moins, les producteurs de la série ne risquent pas d’avoir la prétention de nous expliquer ce qui est bien et ce qui ne l'est pas.

Vale Doctor, on a eu des bons moments !

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13/07/2017

Hosties sans gluten : le loup sort du bois

Donc, l'histoire, c'est que le Cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin, a rappelé que les hosties sans gluten ne peuvent pas être utilisées pour la Messe. C'est en tout cas ce qu'Aleteia a retenu, avec la finesse qu'on lui connaît, de la Lettre circulaire aux Evêques sur le pain et le vin pour l’Eucharistie, qui vient de paraître.

Evidemment, de même qu'on peut naturellement résumer la théologie de la liturgie en un gros-titre choc livré en pâture aux fins théologiens et hommes de lettres et d'esprit qui sont seuls admis à publier sur Facebook, il y a matière à scandale.

Quid de l'intolérance au gluten ? De la maladie cœliaque ou de krohn ? Et le risque de cancer, ils y ont pensé ? Les malades et les croyants soucieux de leur santé seraient-ils privés de communion, sans pour autant qu'il n'y aie faute de leur part ? Je n'ose le dire (1) : qu'on refuse la communion aux divorcés (2), je veux bien l'entendre (3), mais qu'on empêche quelqu'un qui n'a RIEN FAIT de contraire à cette morale obsolète de communier, c'est tout bonnement dégueulasse. Vous voyez bien, qu'en fait de justice, il n'y en a pas. Vous voyez bien, que cette prétendue morale est seulement un tissu de vieux rites poussiéreux qui écrasent l'Homme au lieu de le mener vers Dieu. On vous l'avait bien dit ! Vous ne nous croyiez pas, et bien maintenant, vous l'avez, l'évidence. Elle vous crèverait les yeux si elle avait des cornes.

Il s'avère qu'une amie a un proche concerné. Même le peu de gluten que comporterait un quart d'hostie, pris seulement une fois par semaine, peut être très dangereux pour sa santé. Cette personne communie donc sous l'espèce du vin, sur le côté de l'autel, après la communion du prêtre et juste avant la communion des fidèles (au moment où ceux qui vont donner la communion communient eux-mêmes, le cas échéant : pas de coup de projecteur sur cet humble fidèle). Cela n'a jamais présenté le moindre problème d'organisation (bien-sûr, le prêtre est prévenu).

Evidemment, faute de source d'information, on ne peut pas connaître les solutions pratiques que les personnes concernées ont mis en œuvre.

Et puis d'ailleurs - et puis surtout - il est bien plus intéressant, plutôt que s'appuyer sur des cas réels pour faire le tour des solutions pratiquées à un problème ponctuel, d'en profiter pour tout simplement arrêter d'imposer une liturgie à qui que ce soit. Faisons de ces soucis de santé une opportunité pour laisser chaque assemblée de fidèles décider de ce qu'elle veut faire le dimanche. D'ailleurs, pourquoi du pain de froment, pur et azyme ? Serait-ce uniquement parce que Jésus avait cela sous la main il y a 2000 ans ? Mais enfin, il aurait été en Chine, il aurait utilisé des chips de riz ! Tout ça, c'est un moyen d'asservir le fidèle avec des queues de cerise qui se font des nœuds aux cheveux coupés en quatre.

Et au fond, il est là, le débat. Pourquoi accepter le joug de la tyrannie cléricale ? Si l'on se décidait une fois pour toute à abandonner cette conception totalitaire - n'ayons pas peur des mots (4) - qu'est la liturgie, non seulement les personnes allergiques au gluten pourraient communier, mais surtout (et c'est là qu'est le véritable progrès), l'Eglise Catholique embrasserait enfin la Réforme dans ce qu'elle a de plus pur : la liberté !

Vive Calvin, à bas la dictature du Vatican !

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PS : pour se faire une idée moins caricaturale de la Lettre, il suffit de la lire ;
PPS : ce que j'ai fait...
PPPS : mais j'aime bien troller.

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(1) Je me retiens sur Facebook, mais rassurez-vous, je me lâcherai dans un commentaire sur le site de Golias, quand on sera entre laïcs éclairés.
(2) Omettons le mot remarié, histoire d'amorcer le sentiment d'injustice que mon propos vise à établir.
(3) Je suis en train de me donner l'air conciliante pour avoir l'air plus ouverte au débat, mais je suppose que vous l'avez remarqué.
(4) Mais bon, si je n'en avais pas peur, c'est le mot fasciste que j'aurais employé.

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15/04/2017

Les trolls dans nos campagnes !

Parce que la campagne vole très très haut cette année, certains sortent des terrains battus. On sent que le système est vachement apprécié. En tout cas, c'est la première fois que je vois autant d'affiches de ce type. Cliquez sur les liens pour voir les images dans leur contexte (mais il y en a sûrement que vous avez déjà vu ; personnellement, j'ai croisé chacun de ces types d'affiches autour de chez moi ou de mon boulot).

Les trolls philosophes

Eleuthère 1.jpg  Eleuthère 4.jpg

Eleuthère 2.jpg

Le troll opposant

Macron L'héritier 2.jpg

Macron L'héritier 3.jpg  Macron L'héritier.jpg

Le troll comique

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Juste leblanc.jpg  Leodagan 2017.jpg   en nage.jpg

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27/12/2016

Je répondrais plus tard.

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Non, mon boulot n'est pas archi prenant, oui, j'ai bien reçu votre message, non, je ne me fous pas de votre gueule.

Pourquoi retarder la réponse? Pourquoi éteindre son portable alors qu'on n'avait rien d'urgent? Pourquoi oublier son portable chez soi en partant le matin? Pourquoi refuser d'en posséder un?

Etre joignable partout, c'est abolir des limites imposées par l'espace. Devoir répondre sur le champ, c'est abolir les limites dues au temps. Quel progrès fantastique, me direz-vous, et il faudrait être un peu fou pour ne pas en profiter !

Joignables n'importe quand, par n'importe qui ou presque, et sommés de réagir à la vitesse de la lumière, nous sommes comme englués dans une immense toile d'araignée (toile = web en anglais), comme une fourmi connectée au reste de la fourmilière en permanence. 

Autrefois on écrivait aux absents. On les joignait au téléphone, à leur domicile, pour des échanges de nouvelles plus longs ; de vraies conversations. On prenait le temps de réfléchir à ce qu'on allait se dire, de creuser les sujets. On hiérarchisait les informations en fonction de leur importance ou de l'urgence de la réponse : je l'appelle au bureau ? Non, après tout, il peut attendre ce soir... On prévoyait mieux, on organisait moins de plan à l'arrache, ou alors avec les gens qu'on voyait, les collègues de bureau, la famille, les colocataires, les voisins...

Maintenant, tout est pressant. "Ramène du PQ", "J'accouche !!", "Peux-tu m'envoyer les photos de l'EVJF", "Tu vas en Bretagne cet été ?" Tout est au même niveau, et il faut réagir à tout. Il est indélicat de ne pas répondre dans l'heure au pote qui vous demande "ça t branche le dernier Nolan la semaine pro?"

On est tellement bombardé d'informations et de demandes, toutes formulées sur un ton pressant, qu'on en perd le sens des priorités. On se veut tout à tous à tout instant. Du commentaire posté sous le statut d'un ami au texto qu'on vient de recevoir, ne pas répondre, c'est la fin du monde. Et on traite le plan de potes à l'arrache avec la gravité d'une l'urgence familiale.

Si vous avez plus de 25 ans, vous vous souvenez peut-être d'un temps où ces sollicitations permanentes n'existaient pas. Faites un effort de mémoire, rappelez-vous de cette époque où vous viviez sans portable, ou en tout cas sans portables connectés à internet, sans facebook, sans twitter, avec une pauvre adresse de messagerie (et MSN, qui se rappelle de MSN ?). Est-ce que les rapports humains étaient moins riches ? Est-ce que vous aviez moins d'amis (hors syndromes adolescents)? Essayez de comparer, pour vous rendre compte des dimensions que ça a pris.

Ça m'aurait pris 20 secondes de répondre à ce texto, et je ne suis pas débordée. En plus, j'ai la capacité propre aux femmes de penser mal à deux ou trois trucs en même temps. Je me serais à peine déconcentrée.

Si j'ai vexé en ne répondant pas, j'en suis désolée. La vraie raison, la voici : mon portable m'appartient. Je ne lui appartiens pas. Je suis maître de mon discernement. C'est moi qui dresse les priorités de l'urgence, et tel texto, tel mail, tel commentaire, n'entraient pas dans cette catégorie. Si je commençais à répondre immédiatement à tous les messages que je reçois quel que soit leur degré d'importance, je saurais qu'il est temps pour moi de reléguer le portable au domicile, et peut-être même au fond d'un placard.

Parce que le temps et l'espace, voilà le cadre dans lequel croît ma liberté, et ne pas répondre sur le champ à ce message est un moyen de préserver cet environnement aussi fragile que précieux.

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02/12/2016

[SPOILER] Fantastic Beasts: Is Ariana An Obscurus?

images.jpgAriana Dumbledore, an Obscurus? Now, let's talk about that big new theory

Like many fans, I shared that belief at first. Not anymore. Because there is always a flaw in the plans we make after starting a new J.K.R. story, and today, I am not so sure anymore this one works.

Obscurials usually don't live after 10 and Ariana died at 14. Not a problem: we who watched the Adventures of Newt Scamander, we know that some of them can. It's very rare, but it happens.

So far, nothing wrong with the "Ariana-is-an-Obscurus" story.

Now let's come to the reason of my doubt: Grindelwald was so sure the Obscurial was under 10, and so obviously surprised when he realised it was Credence. Obviously, he never imagined a child could survive that long... He met Ariana. He's clever. He knew the Obscurus he was tracking in New-York was very powerful, therefore, probably, a bit special. If really Ariana was an Obscurial, he would have considered the possibility, wouldn't he?  And yet, it seems he didn't!

Ariana might have been an Obscurial for what we know... Or not. But if she really was, and if indeed Grindelwald knew, then it highlights a little lack of self-consistency.

Since when are J.K.' stories not consistent? And even more, since when is J.K. unveiling her big plans on the very first chapter of a saga? Let's trust her to clear up everything in the end... I bet it won't be that simple nerds!

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