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17/07/2017

Epitaphe pour Doctor Who

Quelqu'un qui ne veut pas se faire spoiler très gravement sur la prochaine saison devra passer son chemin.

Les limites anciennes doivent être brisées pour que l'humain soit libre : quelqu'un qui est homme peut devenir femme sans que cela ne change rien à la dynamique de sa vie. Si Diane avait eu une identité masculine et Mercure une identité féminine, cela n'aurait rien changé à la mythologie grecque. Gandalf, s'il était là, dirait dans un sourire que celui "qui brise une chose pour découvrir ce que c'est a quitté la voie de la sagesse". Réjouissons-nous ! On a mis à bas ce mur : on va voir ce qu'il y a derrière.

Dommage, du haut de la tour, je voyais la mer...

D'autres expriment leur colère de manière plus radicale : un nerd de 17 ans m'envoie ce texte, qu'il aurait peut-être destiné au bac de français s'il en avait eu l'occasion. Le ton est assez cash et je me suis permis de remodeler certains passages (en noir). La réaction n'en est que plus intéressante, notamment par sa conclusion.

Depuis 1963, Doctor Who était le plus bel échantillon de série SF qu’on puisse imaginer. Doté d’un univers sans limite, DW était aux jours glorieux un OVNI emblématique de sa patrie britannique. Certes il y eu des difficultés, certes la série dut s’interrompre, mais c’était pour mieux recommencer il y a douze ans de cela, sous les meilleurs auspices. C’était le bon temps : Russel T Davies était aux commandes, Tennant était dans son TARDIS comme un poisson dans l’eau…

Et puis Moffat vint.

Au début, il affichait un visage bienveillant et proposait un travail tout à fait convenable… Mais peu à peu, on ressentait que Doctor Who était ‘sa’ série, son outil, son précieux : il avait tout simplement supprimé l’existence même de DW en tant que fin, pour n’en faire qu’un moyen comme un autre, un prétexte à l’expression de ses délires timey whimey divers. Désireux de mettre son nouveau jouet au service de grandes causes égalitaires (au-delà de nombreux choix scénaristiques certainement contestables mais n’étant pas le sujet du présent texte), il commença à prostituer le Docteur auprès des LGBTQXKWZGHDAJN et autres féministes bisounoursoïdes [de diverses communautés], leur donnant de plus en plus de gages de sa soumission (je ne cite pas d’exemples précis, désireux de ne pas souiller la mémoire du défunt Docteur, mais je n’en pense pas moins). Il est d’ailleurs surprenant que Moffat tombe dans ce travers dont jamais n’avait été atteint Davies, pourtant gay friendly comme nul autre [étant donné qu'il est homosexuel et connu pour son apport au cinéma gay], mais qui empli de respect pour DW, n’a jamais voulu en faire un instrument de revendication.

Dès lors qu’on considérait Doctor Who comme un moyen de dispenser à chacun un discours sociétal moralisateur, toutes les dérives étaient permises…

A noter que, en choisissant librement alors d’enrôler Doctor Who dans le cadre de débats de société clivants, la production de DW excluait certaines sensibilités politiques de son audimat par la stratégie du « convertissez-vous où partez » : je ne pense pas être le seul à avoir remarqué les nombreuses piques moralisatrices de Moffat à l’attention de ceux qui ne pensent pas comme il le voudrait (ah là là, qu’ils sont vilains !) [On pourrait accuser les féministes des choix présents ; ce serait oublier leur malaise après Kill the Moon en saison 33 8. L'instrumentalisation en elle-même finit toujours par se révéler un problème aux yeux de tous].

Moffat s’en va. Le spectre de ses idéologies reste. La nouvelle est tombée hier: le Docteur sera une Doctoresse. Cette décision en elle-même est déjà hautement contestable : il a déjà été évoqué par certains l’importance de l’aspect paternel du Docteur [c'est dans la Corbeille], ressort psychologique clé de la série (donc je ne reviens pas outre mesure là-dessus).

Deux causes peuvent justifier cette décision : au mieux, ce n’est que le choix de succomber à un effet de mode (décevant tout de même, pour une série supposée dépasser le temps lui même)… Au pire, il s’agit de l’aboutissement du détournement pernicieux de Doctor Who dans une visée militante, au service ici de l’idéologie questionnée et source de débats qu’est celle du genre (la notion d’homme et de femme ne serait que pure construction sociale, les deux seraient donc identiques et interchangeables). Si c’est consciemment dans cette visée qu’en ont décidé ainsi les grands pontes de la BBC dans la droite lignée des torts Moffatiens, ils ont oublié totalement la finalité première de la série durant les cinquante dernières années (pas si complexe à comprendre, pourtant): le divertissement pur et simple, innocent, sans arrière pensée.

Ainsi, l’image qui, dans notre inconscient, faisait du Docteur une figure paternelle à nos yeux, est brisée par un clientélisme contestable auprès de revendications diverses. Lui qui semblait éternel malgré ses régénérations, figure rassurante d’un protecteur constant, verra une partie intrinsèquement inaltérable de sa personne changée. Les plus abrutis dansent ce soir sur son cadavre (quel grand bond en avant pour cette série qui était jusqu’alors rétrograde voire intégriste !), insultant ceux (ces salauds de fascistes, réminiscences débiles d’un âge sombre et patriarcal) qui osent critiquer cette décision ancrée dans un progrès social illuminé et glorieux.

Le joujou de Moffat n’a-t’il pas été cassé par ce gamin imprudent ?

Moi-même je m’interroge : regarder la série en vaut-il encore la peine sachant qu’une part non négligeable de son identité aura été perdue ? Si Doctor Who n’est plus qu’un outil d’expression politique, pourquoi devrais-je encore m’y intéresser ? Je n’ai nul besoin de voir les revendications des uns et des autres devenir un twist majeur de mes séries préférées, enrobées d’un de ces scénarios mièvre qu’on a vu apparaître de plus en plus… Pour conclure cet épitaphe du Docteur en forme (peut-être un peu trop, mea culpa) de fusillade contre ses assassins, une petite phrase extraite du téléfilm An Adventure in Space and Time (sur les origines de la série, à voir) : « We can’t have Doctor Who without Doctor Who… »

Il y a au moins une bonne nouvelle dans tout ça : en ce jour, Game of Thrones reprend du service, et Westeros (ses joyeux massacres, ses bordels si affriolants) est un monde si peu moral qu’au moins, les producteurs de la série ne risquent pas d’avoir la prétention de nous expliquer ce qui est bien et ce qui ne l'est pas.

Vale Doctor, on a eu des bons moments !

13/07/2017

Hosties sans gluten : le loup sort du bois

Donc, l'histoire, c'est que le Cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin, a rappelé que les hosties sans gluten ne peuvent pas être utilisées pour la Messe. C'est en tout cas ce qu'Aleteia a retenu, avec la finesse qu'on lui connaît, de la Lettre circulaire aux Evêques sur le pain et le vin pour l’Eucharistie, qui vient de paraître.

Evidemment, de même qu'on peut naturellement résumer la théologie de la liturgie en un gros-titre choc livré en pâture aux fins théologiens et hommes de lettres et d'esprit qui sont seuls admis à publier sur Facebook, il y a matière à scandale.

Quid de l'intolérance au gluten ? De la maladie cœliaque ou de krohn ? Et le risque de cancer, ils y ont pensé ? Les malades et les croyants soucieux de leur santé seraient-ils privés de communion, sans pour autant qu'il n'y aie faute de leur part ? Je n'ose le dire (1) : qu'on refuse la communion aux divorcés (2), je veux bien l'entendre (3), mais qu'on empêche quelqu'un qui n'a RIEN FAIT de contraire à cette morale obsolète de communier, c'est tout bonnement dégueulasse. Vous voyez bien, qu'en fait de justice, il n'y en a pas. Vous voyez bien, que cette prétendue morale est seulement un tissu de vieux rites poussiéreux qui écrasent l'Homme au lieu de le mener vers Dieu. On vous l'avait bien dit ! Vous ne nous croyiez pas, et bien maintenant, vous l'avez, l'évidence. Elle vous crèverait les yeux si elle avait des cornes.

Il s'avère qu'une amie a un proche concerné. Même le peu de gluten que comporterait un quart d'hostie, pris seulement une fois par semaine, peut être très dangereux pour sa santé. Cette personne communie donc sous l'espèce du vin, sur le côté de l'autel, après la communion du prêtre et juste avant la communion des fidèles (au moment où ceux qui vont donner la communion communient eux-mêmes, le cas échéant : pas de coup de projecteur sur cet humble fidèle). Cela n'a jamais présenté le moindre problème d'organisation (bien-sûr, le prêtre est prévenu).

Evidemment, faute de source d'information, on ne peut pas connaître les solutions pratiques que les personnes concernées ont mis en œuvre.

Et puis d'ailleurs - et puis surtout - il est bien plus intéressant, plutôt que s'appuyer sur des cas réels pour faire le tour des solutions pratiquées à un problème ponctuel, d'en profiter pour tout simplement arrêter d'imposer une liturgie à qui que ce soit. Faisons de ces soucis de santé une opportunité pour laisser chaque assemblée de fidèles décider de ce qu'elle veut faire le dimanche. D'ailleurs, pourquoi du pain de froment, pur et azyme ? Serait-ce uniquement parce que Jésus avait cela sous la main il y a 2000 ans ? Mais enfin, il aurait été en Chine, il aurait utilisé des chips de riz ! Tout ça, c'est un moyen d'asservir le fidèle avec des queues de cerise qui se font des nœuds aux cheveux coupés en quatre.

Et au fond, il est là, le débat. Pourquoi accepter le joug de la tyrannie cléricale ? Si l'on se décidait une fois pour toute à abandonner cette conception totalitaire - n'ayons pas peur des mots (4) - qu'est la liturgie, non seulement les personnes allergiques au gluten pourraient communier, mais surtout (et c'est là qu'est le véritable progrès), l'Eglise Catholique embrasserait enfin la Réforme dans ce qu'elle a de plus pur : la liberté !

Vive Calvin, à bas la dictature du Vatican !

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PS : pour se faire une idée moins caricaturale de la Lettre, il suffit de la lire ;
PPS : ce que j'ai fait...
PPPS : mais j'aime bien troller.

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(1) Je me retiens sur Facebook, mais rassurez-vous, je me lâcherai dans un commentaire sur le site de Golias, quand on sera entre laïcs éclairés.
(2) Omettons le mot remarié, histoire d'amorcer le sentiment d'injustice que mon propos vise à établir.
(3) Je suis en train de me donner l'air conciliante pour avoir l'air plus ouverte au débat, mais je suppose que vous l'avez remarqué.
(4) Mais bon, si je n'en avais pas peur, c'est le mot fasciste que j'aurais employé.

15/04/2017

Les trolls dans nos campagnes !

Parce que la campagne vole très très haut cette année, certains sortent des terrains battus. On sent que le système est vachement apprécié. En tout cas, c'est la première fois que je vois autant d'affiches de ce type. Cliquez sur les liens pour voir les images dans leur contexte (mais il y en a sûrement que vous avez déjà vu ; personnellement, j'ai croisé chacun de ces types d'affiches autour de chez moi ou de mon boulot).

Les trolls philosophes

Commençons par ceux qui se prennent au sérieux et espèrent (encore) faire réfléchir un peu les citoyens : appelons-les "éleuthériens" (du grec ancien, ἐλεύθερος eleutheros, signifiant "libre"), puisque c'est le hashtag qu'ils emploient. Pour l'instant je ne vois qu'eux dans le registre "contestataires sérieux", mais il y en a peut-être d'autres.

Eleuthère 1.jpg  Eleuthère 4.jpg

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Le troll opposant

Il y a ceux qui ne croient plus en personne, et encore moins en certains. Ceux-là ne collent pas pour un candidat, mais contre. Pour l'instant, je n'ai vu que des affiches symptômes de macronite (mais il y en a peut-être d'autres).

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Macron L'héritier 3.jpg  Macron L'héritier.jpg

Le troll comique

Et puis enfin ceux qui donnent l'air de ne plus y croire du tout au sérieux de cette campagne. Ce sont les trolls qui veulent montrer toute la crédibilité du système. Peut-être qu'il ne s'en rendent pas compte, mais si ces affiches parodiques ont eu autant de succès, c'est qu'elles touchent un point sensible. J'ai été non exhaustive, cette année, la campagne se trouve être une source d'inspiration inépuisable...

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Juste leblanc.jpg  Leodagan 2017.jpg   en nage.jpg

Tout ça pour vous dire que je vais aller remplir mon devoir dimanche dans la joie et la bonne humeur #youkaïdi.

10 scénarios d'après guerre en Syrie : le dernier va vous étonner !! #putaclick

Marmusa.pngPour aider la réflexion, j'ai rédigé dix scénarios d'après guerre en Syrie, classés en quatre catégories : les meilleurs, les médiocres, les mauvais et les pires, chaque catégorie comprenant un "plus réaliste" et un "moins réaliste". 
C'est plus ludique qu'académique : mais on tire des enseignements parfois plus justes du "jeu" que des grands débats d'idées.

Les meilleurs

 
Le plus réaliste
Assad gagne. Mais il accepte les enquêtes de l'ONU et se soumet à la justice internationale. Il est condamné, et l'enquête soulève la responsabilité de plusieurs généraux qui ont encouragé ou couvert des crimes de guerre. Une purge a lieu dans le gouvernement, tandis que des élections démocratiques plébiscitent un proche d'Assad qui était plus mesuré que les autres ; celui-ci ayant donné des gages aux lobbies pétroliers aux membres désintéressés de l'ONU, il compose un gouvernement qui reprend grosso modo le système libanais qui fait la part belle aux communautés. Et quand toutes les armes ont été déposées (hors celles de l'Etat et des instances internationales), quand toutes les factions sont neutralisées, quand toute suspicion de pression sur le peuple a disparu, quand la Constitution garantit que chaque communauté jouit des mêmes droits et devoirs, et au sein de chaque communauté chaque individu ; que rien ni personne ne pourra aller à l'encontre des droits de chaque communauté ou la léser de quelle que façon que ce soit, ni légalement, ni à l'issue d'un vote, ni suite à une décision de justice. Alors, le gouvernement organise des élections libres et la communauté internationale comme les Syriens en acceptent les résultats.
 
Le moins réaliste
On a la peau d'Assad, et il est condamné par un tribunal international dans le respect de la Justice. Des élections démocratiques sont organisées par les casques blancs, bleus ou toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, et au lieu que la majorité vote pour bouffer les minorités au dîner (ce qui n'arrive de toutes façons jamais donc pourquoi s'en inquiéter), ils votent pour un opposant d'Assad non-violent (s'il en reste, parce qu'avec le temps ils sont peut-être tous devenus pro-Assad par la force des choses). Celui-ci, sous le contrôle de l'ONU, met en place un régime parfaitement démocratique. Toutes les libertés sont restaurées ou plutôt instaurées : liberté de la presse, liberté d'association, élections parlementaires libres (et personne n'en profite pour appeler aux armes, au meurtre ou à l'exclusion de telle ou telle communauté ; formidable), liberté religieuse (et personne ne s'offusque ou ne mène de vendetta quand le neveu se convertit à une autre religion ; merveilleux). La croissance atteint des sommets inégalés, c'est -à-dire au-delà des 8-9% d'avant-guerre, le pays baigne dans le lait et le miel et tous les réfugiés rentrent en chantant.
 

Les médiocres

 
Le plus réaliste
Assad gagne. Les enquêtes n'arrivent pas à prouver sa culpabilité de manière certaine, et ça s'enlise avec les années. La situation est de toutes façons telle que les syriens préfèrent tourner la page de la guerre et cherchent à reconstruire leurs quartiers plutôt qu'à démembrer l'Etat : c'était un tel bordel que tout le monde a hâte d'en finir. Au niveau international, Assad essaie de favoriser tout le monde (un petit gazoduc par-ci, un peu de pétrole par là...) et abreuve les médias de belles déclarations qui permettront de convaincre chaque bon peuple de chaque nation du monde "qu'on a eu raison et que tout est pour le mieux". On s'en sort avec une pirouette, Assad fait profil bas, allant jusqu'à accepter des tas de négociations, d'élections, un peu moins de surveillance, un peu plus de Facebook, de droits et de libertés. Histoire de montrer que c'est bon, il a compris la leçon. Mais pas trop quand même, hein, parce que si la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres il va falloir imposer des règles très strictes. 
 
Le réaliste aussi
Après la guerre, Assad est condamné par un tribunal international, dans le respect de la Justice. C'est un peu moins réaliste que le précédent, parce que je vois mal Assad se laisser condamner. Des élections démocratiques sont organisées par les casques blancs, bleus ou toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, et au lieu que la majorité vote pour écraser les minorités (on est d'accord, c'est peu probable de toutes façons), ils élisent un sunnite modéré à poigne qui va être capable de s'imposer à toute la bande de braillards rebelles, lesquels ont vachement envie de signer un chèque en blanc à leur nouveau président, quel qu'il soit. Le mec met en place un régime autoritaire dès que l'ONU a le dos tourné (avec la complicité des puissances occidentales qui comptent sur l'échiquier, parce qu'il aura bien géré certains petits deals). Dix ans plus tard, les syriens ont un régime autoritaire à tendance un peu dictatorial et pour eux, rien de changé sur le fond. Mais on a eu la peau d'Assad. N'était-ce pas ce qui comptait ?
 
Le moins réaliste
Une fois Daesh vaincu, la guerre reprend du souffle en Syrie. Excédés, une majorité de Syriens fait appel à la communauté internationale. Le pays est mis sous contrôle de l'ONU, séparé en zones (ou aux mains d'une seule puissance). Tribunal international, etc.. Les tentatives d'imposer un pion aux ordres ou d'instaurer un régime démocratique retombant comme un soufflé trop cuit, la présence internationale s'installe (ben oui, parce que ça se passe JAMAIS comme on l'espérait). La Syrie redevient progressivement un genre de protectorat, avec des zones plus ou moins indépendantes. Le retrait progressif des forces se passe à peu près comme en Irak, c'est-à-dire mal, jusqu'à ce qu'un monstre dans le style de Daesh (mais pas Daesh) pointe le bout de son nez, et une nouvelle guerre reprend avec cette fois Daesh - ce qu'il en reste - allié du camp du Bien parce qu'après tout c'est qu'on a fait avec Al Qaeda. Peu réaliste, dans le sens où Obama en a tellement chié avec l'Irak que Trump ne doit pas être super motivé à l'idée de repartir pour un tour.

Les mauvais

Le plus réaliste
Suite à une défaite et/ou démission d'Assad, des élections démocratiques sont organisées et la communauté majoritaire (les sunnites, à 75%) envoie la masse de député à l'assemblée. Dès que l'ONU a le dos tourné, quelques leaders un peu radicaux commencent à exercer diverses pressions sur les minorités. Les décisions de justices sont étonnamment toujours en faveur des sunnites. La pratique publique des cultes minoritaires est interdite (ce qui n'était pas le cas sous Assad) mais la pratique des cultes minoritaires et tolérée, etc.. Les alaouites sont systématiquement suspectés et n'ont plus accès à certains postes, comme les chrétiens, puis les druzes... sous prétexte que le régime précédent les protégeait (ce qui en fait des complices). Au début, tout les citoyens sont égaux. Après un moment, certains citoyens sont plus égaux que d'autres. Et puis à force d'amendements, de brimades et de précédents judiciaires, on obtient que les membres de certaines communautés deviennent des citoyens de seconde zone. Evidemment, ça veut dire que toute personne au sein de la majorité qui commence à dire que "quand même, hein, c'est pas juste" doit être réduite au silence. Si avec ça on en arrive pas à la dictature pour tous... Mais la dictature de la majorité. C'est ça, le principal. Bien-sûr, l'Europe récupère ses petits soldats démobilisés (mais ça c'est dans presque tous les cas). J'oubliais : la Turquie va bien devoir accepter un kurdistan ; la Syrie et l'Irak sont redessinées pour correspondre à la carte des communautés, qu'on a assez baladée pour que ce soit crédible.
 
Le moins réaliste
Assad gagne grâce à Poutine et Poutine seulement, les autres ayant refusé de lui serrer la pince. L'ONU décrète des sanctions internationales contre les deux pays ; les enfants syriens, ça leur fait une belle jambe. La Russie décrète que fuck l'ONU, l'Iran la suit dans son délire, ainsi que le Grand Kurdistan qui est né de la guerre (ah oui, je n'en avais pas encore parlé des kurdes !). Comme Trump est un facho qui s'en fout de ce qui passe ailleurs et ne veut surtout pas le savoir, il se désintéresse de la chose et la construction de nouveaux murs à droite à gauche lui est un divertissement agréable. Pendant ce temps, les jihadistes désœuvrés cherchent à s'occuper. Echouant à entrer en Russie ou aux USA, ils décident de s'éclater (la tronche) en Europe où la guerre civile se déplace, et on s'en prend plein la gueule dans l'indifférence générale des deux blocs. L'Europe devient le nouveau tiers-monde (au sens historique du terme), l'Asie prend le lead, l'Afrique continue à, euh... continuer, et finalement, c'est tellement glauque que mon pessimisme légendaire va commencer à trouver ça réaliste.

Les pires

Le plus réaliste
La guerre se poursuit pendant encore cinq ans ; la Syrie perd 60% de sa population. Le territoire devient un champ de bataille où chaque nation peut envoyer les assoiffés de baston pour leur éviter de se faire exploser à domicile. A la fin, on finit par avoir la tête d'Assad sur une pique promenée dans Damas entre deux tirs de kalach d'occaz' et le pays reste une zone de non-droit où se dressent des murs, des barrages et des tranchées pendant encore des années. Mais dans toute guerre, un gagnant finit toujours par remporter la partie, même s'il faut pour cela plusieurs tomes ou plusieurs saisons. A la fin, les cartes de la Syrie et de l'Irak sont complètement redessinées en un patchwork communautaire de petits états facilement contrôlables par les Saoudiens, les Qataris et leurs potes euro-américains. C'est le pire schéma pour l'humanité : l'échec du "vivre ensemble", comme on dit poétiquement. Mais c'est sans doute le meilleurs scénario pour les Etats qui ont débuté et qui finiront cette guerre.
 
Le moins réaliste
Daesh gagne. Une théocratie est instaurée et s'étend progressivement vers la Turquie, la Jordanie, l'Iran, le Liban etc.. Les pays concernés construisent des murs à côté desquels la Grande Muraille est un bébé et le Rideau de Fer une construction Playmobil. Mais comme ça ne marche jamais et que de toutes façons le régime fait des émules en dehors de son territoire grâce à Youtube, des attaques se poursuivent dans les pays voisins et lointains pendant que le peuple, à l'intérieur, subit un régime totalitaire qui ferait passer Assad pour Gandhi. Dans le meilleurs des cas, ça s'effondre tout seul après quelques temps. Au pire, ça aurait pu se stabiliser en mode Corée du Nord au bout de quelques années ; mais comme les attaques terroristes continuent, une nouvelle guerre, cette fois totale et implacable, se dessine. Le plus réalistes des pires scénario n'est pas très probable. Dieu merci, une victoire de Daesh paraît assez compromise.
 
 
Le complètement fumé
Un virus d'un nouveau genre est développé par un savant fou à la solde de Assad Daesh Iran Poutine Trump Hitler oh, j'en sais rien, on s'en fout. Le début d'un refroidissement planétaire qui va nous apporter un hiver de cent ans transforme une petite attaque bactériologique en invasion de zombies déferlant sur les villes. Alors forcément, ça calme tout le monde d'un seul coup. Les pays alentours construisent un mur. Mais combien de temps pensez-vous qu'il pourra tenir ? A moins d'un renfort de dragons, on est foutu les gars #WinterIsComing.

Conclusion

Ma préférence personnelle serait que le plus réaliste des meilleurs advienne. Mais on ne vit pas dans le monde des bisounours, et je pense plutôt que les plus probables sont le "réaliste pire", suivi par les "réaliste médiocre" et les deux "réalistes mauvais".
 
C'est ce qui m'a toujours poussé, dès le départ (je me sentais d'autant plus concernée que j'avais voyagé en Syrie peu de temps avant), à être extrêmement sceptique quant à la déstabilisation du régime d'Assad par la violence intérieure et/ou extérieure. Oui, parce que encourager une guerre, tous ces morts, ces personnes déplacées, cette opportunité pour Daesh, en soutenant des factions qui n'ont pas plus d'éthique que les mecs d'en face, tout ça pour en arriver à une situation pire que la précédente (ou équivalente, mais pire puisqu'il y aura un pays à reconstruire), je ne vois pas l'intérêt.
 
Vous allez dire que je n'en sais rien ; je vous dirais que du peu que j'en sais, je ne parierais là-dessus ni ma vie ni l'avenir de mon pays. A plus forte raison la vie et l'avenir des autres. Car je comprends qu'on puisse sacrifier une génération pour la suivante, mais plus ça va et plus je doute qu'il y aura même une suivante pour profiter du merdier qui lui sera laissé.
 
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Aller plus loin : pour vous faire votre propre idée, vous pouvez faire comme moi et vous amuser à lire la masse des reportages sortis depuis les débuts du conflit qui sourcent l'article de Wikipedia + le bouquin de synthèse de Marc Fromager Guerres, pétrole et radicalisme: les chrétiens d'Orient pris en étau (2015) SALVATOR, qui résume bien les origines de la guerre. Mais si vous voulez faire complètement comme moi, il faudrait remonter le temps pour aller en Syrie quelques mois avant le début du conflit et poser les questions qui fâchent aux Syriens (est-ce que vous aimez Assad ? Vous vivez comment le fait d'être une minorité ? Ça se passe bien avec vos voisins ? Ça fait quoi d'être en dictature ? Vous pensez quoi de la guerre en Irak ? Vous voulez pas qu'on vous amène la démocratie, Facebook et les Mc Do ? etc.).

01/04/2017

Les vampires, exclus du don du sang ?

lunesang.jpgConsidéré comme "population à risque", les vampires n'ont toujours pas la possibilité de donner leur sang.

Une pétition a été lancée à l'occasion de la "lune de sang", une fête importante pour la communauté vampire. Spike*, son auteur, explique : "je veux rendre ce qu'on m'a donné, il m'a toujours apparu que ce n'était que justice". Angel, quant à lui, y verrait "une forme de rédemption".

"On ne devrait même pas nous demander si on est vampire ou pas, ça ne regarde que nous, c'est comme si on vous demandait si vous étiez noir ou blanc avant d'ouvrir un compte en banque", dénonce Jerry, qui lutte contre la stigmatisation. D'autant plus que les vampires aussi, sortent couvert, surtout par beau temps. D'ailleurs, les entreprises bios ont le vent en poupe: "Promouvoir une alimentation saine pour une éco-responsabilité", annonce BioBlood&Co sur son site.

Malheureusement, les vampires sont considérés dans tous les pays comme une population à risque. En cause, leur mode d'alimentation très particulier. "De toute façon il ne reste que très peu de vampires de nos jours", expliquait notre expert scientifique, le Dr Henry Castafolte à notre reporter. "Pour la plupart ils sont morts du Sida dans les années 80", explique-t-il, "en matière de suceur de sang, vous devriez plutôt vous inquiéter des moustiques ; eux n'ont pas besoin d'invitation pour entrer".

Le président du collectif, en déplacement dans les Balkans, a bien voulu répondre au téléphone : "plus personne ne nous prend au sérieux depuis que les gens racontent qu'on brille au soleil", s'est agacé le Comte D. qui assure s'être "occupé" récemment de la responsable de cette rumeur "sans fondement". "C'est pour ça que nos revendications ne sont pas entendues", a-t-il conclu.

Espérons que leur cause sera entendue.

*Dans l'intérêt de nos correspondants, tous les prénoms ont été modifiés

Attention, cet article est un hoax qui n'a d'autre but que de faire rigoler un bon coup.