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06/03/2019

Magie et christianisme

J’entends encore des gens, des amis, des proches, souvent très pratiquants, me dire leur méfiance vis-à-vis de Harry Potter. D’autres balaient d’un revers de main ces inquiétudes, sous le prétexte qu’elles émanent de personnes proches d’une certaine tendance, conservatrice, « tradi » comme on dit.

Je n’aime pas refuser de considérer quelqu’un comme interlocuteur valable sous prétexte qu’il fréquenterait tel ou tel cercle ; d’abord parce que j’aime partir du principe que chaque être humain est doué de raison, même si la vie me donne parfois tort (à commencer par la mienne) ; d’autre part parce qu’il existe peu de cercles catholiques qui me sont étrangers, ce qui me rend également plus compréhensive vis-à-vis des grandes tendances chrétiennes en général (car souvent les fractures qu’on trouve dans l’Eglise Catholique reflètent d’autres fractures qu’on retrouve dans le monde chrétien). Aussi, loin de hausser des épaules et de passer mon chemin avec indifférence (parce que Harry Potter, on s’en fiche un peu), j’ai tendance à répondre, à expliquer.
On raconte ainsi que les sorts que l’on trouve dans Harry Potter sont de vrais sortilèges, utilisés par de vrais sorciers qui pratiquent une vraie magie – nécessairement maléfique puisque la Bible et l’enseignement de l’Eglise nous enseignent que la magie est l’œuvre de Satan.
On dira donc, par conséquent, que la magie de Harry Potter initie les jeunes au satanisme, à coup de jeux de mots en latin de cuisine mêlé d’anglais ou d’autres langues que J.K., en linguiste, a pu croiser.
Ne riez pas, ce n’est pas si absurde que cela.
Il y a sûrement beaucoup de vrai dans les rumeurs. Les symboles, les mots, les images employés par l’auteur puisent certainement dans les codes de la sorcellerie. Mais Rowling n’a pas besoin d’être luciférienne pour cela. Il lui suffit de connaître les œuvres de la culture pop, de X-Files à Buffy, et de savoir effectuer une recherche dans Google : n’importe qui peut en faire autant. Ces codes culturels sont à la portée de tous depuis déjà un bail.

Mais il n’y a pas qu’une forme de magie dans la culture pop.

Rappelons tout d’abord les différentes natures de l’acte magique, telles qu’on les retrouve dans d’autres œuvres. Lorsque Sam Gamegie demande à Galadriel de lui montrer un peu de « magie elfe », celle-ci le reprend : « c'est ce que vous autres appelleriez magie, je pense, bien que je ne comprenne pas ce que vous entendez par là ; et vous avez l'air d'utiliser le même mot pour les tromperies de l'Ennemi ». La citation résume le tout : nous utilisons le même mot, dans la littérature d’imagination, pour décrire des réalités de natures différentes.

La magie d'artifice

Commençons par la magie artificielle, avatar féérique de la technologie (celle utilisée par le précepteur du Prince Capsian dans Narnia), qui est la plus courante dans Harry Potter : cette magie utilise une force endogène à la personne, qui est née avec ces pouvoirs de la même manière que les oiseaux naissent avec des ailes. On ne peut donc obtenir de nouveaux pouvoirs, simplement apprendre à utiliser ceux que l’on possède déjà par nature. Cette magie est comparable à la Force de l’univers de Star Wars dans sa première trilogie (on l’a, ou on ne l’a pas ; on ne peut l’acquérir quand on ne l’a pas de naissance, on ne peut que la domestiquer si on l’a reçue de naissance). Cette magie appartient au monde de l’imagination, car dans le monde primaire (notre monde, celui créé par Dieu), personne n’a naturellement de pouvoirs magiques, pas plus que les êtres humains ne naissent avec des ailes. Evidemment, si je rencontrais un cheval qui parle dans la « vraie vie », en bonne bigote, je crierais à la manifestation démoniaque. Mais le propre de l’imagination est de concevoir des univers qui répondent à des lois physiques différentes des nôtres : Spiderman peut se suspendre à un plafond, Luke Skywalker est doué de télékinésie et Philippe, le cheval d’Edmund Pevensie, parle.

La magie réaliste

Venons-en maintenant à la magie réaliste, la vraie magie, celle que le christianisme (parmi d’autres religions comme l’Islam ou le Judaïsme, ne connaissant pas toutes les religions et sagesse du monde je m’arrêterais là), condamne sous le nom de sorcellerie. Pourquoi ces religions condamnent-elles la pratique de la magie ? Je ne peux pas répondre pour toutes, mais je dirais, selon mes souvenirs de caté, ce que le chrétien pense (a priori), et tant mieux si les autres y trouvent aussi leur compte. Pour le chrétien, la pratique réelle de la magie – la sorcellerie – n’est pas l’expression d’un don naturel fait à l’homme. C’est un pouvoir accordé par Satan, qu’il donne à notre insu pour nous piéger, ou que l’on obtient volontairement de lui. La magie réaliste est donc invocatoire : le sorcier invoque une force extérieure à lui-même dans le but de la domestiquer, de l’utiliser. Il n’est pas nécessairement conscient de l’origine de cette force. C’est la magie de l’Anneau Unique : elle est intrinsèquement mauvaise puisqu'elle émane de celui qui n’a rien de bon en lui. L’être humain n’aura que l’illusion de contrôler cette magie ; de fait, c’est elle qui le contrôlera. Invocation des esprits, nécromancie, divination, cette magie fait le bonheur du cinéma d’horreur et des charlatans en tous genres. Ce n’est pas seulement son objet qui est mauvais, c’est son essence. « J'utiliserais cet Anneau en souhaitant faire le bien. Mais à travers moi, il pourrait atteindre un pouvoir trop grand, trop terrible à imaginer, » dit Gandalf. Cette magie n’est pas, à proprement parler, présente dans Harry Potter, encore qu’il existe bien un interdit fondamental : la mort. Les Reliques sont des objets dangereux, donnés par la Mort à trois frères, mais ces trois objets sont dangereux par le pouvoir qu’ils donnent sur la mort et que la mort utilise à son escient. Ainsi, en croyant duper la mort à l’aide d’une baguette invincible ou d’une pierre de résurrection, les frères se jettent dans ses bras. La morale philosophique du paradoxe ne nous échappera pas : en croyant lutter contre le mal par le mal, nous participons à étendre le mal. Seul le troisième frère du récit ne tombe pas sous la domination de la mort, car l’objet de sa demande n’est pas d’obtenir un pouvoir sur la mort, mais de lui échapper : son souhait est en fait de ne jamais avoir rencontré la mort, alors que ses deux frères souhaitent profiter de cette rencontre : au final, c’est la mort qui en tirera profit. De même, l’usage de la sorcellerie est une façon de profiter de Satan, profit illusoire, car le bénéficiaire final de la sorcellerie, ce sera lui. Le fait est que cette forme de magie est bien condamnée dans Harry Potter ! Si Harry parvient à vaincre la mort, c’est justement en renonçant à la vaincre, en donnant sa vie pour que meurt le mal en lui. Car la mort est devenue nécessaire au monde pour que meurt le mal ; c’est ainsi que la mort ne pourra être détruite avant que le reste ne soit détruit, « et le dernier ennemi qui sera vaincu c’est la mort ».

La plus grande magie

La troisième forme de magie – qu’on retrouve dans tous les bons morceaux de fantasy – c’est ce que Lewis appelle « la plus grande magie ». « D'autres forces qui sont à l’œuvre », écrit Tolkien. Rowling dit simplement, l’amour. L’amour est universel : il passe même à travers la tante de Harry, moldue (sans pouvoir magique). Il passe à travers les esclaves, les petits, les humbles : Dobby ou Grawp (quoi que qualifier Grawp de petit est cocasse). Il ne dépend donc pas de compétences, de talents ou de pouvoirs. La mère de Harry sauve son fils en donnant sa vie pour lui ; elle se dresse entre Voldemort et le berceau de son fils. Elle aurait pu accomplir cet acte, qui est fondateur pour l’histoire puisque tout va en découler, sans être magicienne, ou même talentueuse. Et cette magie est plus puissante que tout le reste. Plus puissante que les invocations de Voldemort, plus puissante que les plans les plus intelligents, que la cruauté la plus gratuite, que la volonté la plus absolue. C’est cette magie qui finit par vaincre… Je pourrais m’étendre longtemps, mais je pense que le lecteur aura compris. Cette magie est tout l’opposé de la précédente. Elle met l’humilité à la place de la puissance, la liberté à la place de l’allégeance. Au lieu de la captation de pouvoir, elle se veut don de soi. Elle ne parle pas de soumission à une force extérieure, mais d’obéissance libre. Elle transforme la mort en un surplus d’amour, et ainsi même la mort est vaincue.

La bonne nouvelle, c’est que cette magie est bien réelle ; elle est aussi la seule à être éternelle. Comme disait l’autre*, « L’amour ne passera jamais ». Et Dieu est amour.


La place des trois magies dans Harry Potter

Toutes ces formes de magie existent dans Harry Potter. La première, la plus courante puisque c’est elle qui est la marque du « Potterverse » l’univers de Harry Potter, le décor si vous voulez, est vue de façon neutre : c’est l’intention qui lui donne sens.

Des deux « réalistes », la troisième s’avère plus puissante que la deuxième (ou même que la première). L’amour se révèle plus puissant que la sorcellerie de Voldemort. Se pourrait-il que Rowling fasse la promotion de cette dernière, alors même que sa défaite est sans appel ? La question est rhétorique : une œuvre peut-elle se contredire elle-même ?

Alors, après avoir dit tout cela, qu’ajouter ? Je pourrais dresser la liste de tous les éléments dans Harry Potter qui proviennent de la sorcellerie telle qu’elle peut se pratiquer dans notre monde ; si j’ajoutais à cette liste le détail de toutes les mauvaises paroles prononcées par les personnages des livres, insultes, mensonges, menaces ; si je le complétais par la description de toutes les mauvaises actions, les meurtres, les tortures, les horreurs perpétrés dans l’histoire ; et si je publiais ensuite le compte-rendu de cette analyse sans, à aucun moment, remettre dans son contexte aucun des points de la liste, sauf lorsque ce contexte m’arrange, alors je pousserais mes lecteurs à commettre un contre-sens complet sur le sens philosophique de l’histoire.

Or, à mon sens, le cœur d’une histoire est sa philosophie. Comment le héros évolue, quel est le moteur de ses actions, la raison de ses pensées, l’enchaînement de circonstances qui le conduit à se comporter bien, ou mal ? Quelles sont les conséquences de ses bonnes actions ? Les conséquences de ses lâchetés, de ses renoncements ? L’histoire nous pousse-t-elle à l’abnégation ou au désespoir ? Que dit l’œuvre de l’Homme, de son identité, de sa vocation, de son rapport aux autres ? Que dit l’œuvre de la vérité, de la justice, du courage ? Que dit l’œuvre du Bien et du mal, de la Vie et de la mort, du sacrifice, de l’égoïsme ?

Si d’une œuvre vous ne retenez que le décor, alors vous êtes passés à côté. Si vous réorganisez ce décor pour lui faire dire le contraire de ce que l’histoire raconte, vous prêtez à l’auteur une intention qu’elle n’a jamais revendiquée ; mais c’est après tout votre droit de lecteur, et je ne critique pas l’esprit critique dans son principe. Enfin, si vous prétendez ensuite que ce décor permettrait de découvrir un sens implicite, secret, réservé à des initiés, mais plus important que le sens philosophique explicite qu’il contredit, je ne peux rien répondre à cela ; nous demeurerons dans une incompréhension mutuelle et totale. Car dès lors qu’on entre dans l’implicite, le subliminal, l’intention cachée, le message dont la compréhension ne serait réservée qu’à des initiés, on entre également dans le domaine d’une opinion subjective non fondée sur des faits vérifiables, et une telle opinion n’est pas accessible à la raison. Tout ce que je peux dire, c’est qu’un tel travail, admirable par son exhaustivité, ne respecterait aucune éthique intellectuelle et aucune rigueur scientifique mise à part celle qui consiste à compter les feuilles d’un arbre. Vous saurez compter, c’est bien, bravo ! Mais cela ne fera pas de vous un expert des arbres en général ou de celui-ci en particulier.

Quant à moi, je serais tentée de faire correspondre les éléments du décor au sens philosophique de l’histoire, non en leur donnant le sens qu’ils auraient dû avoir dans la réalité, mais le sens que la majorité des gens y met, car c’est l’interprétation du lecteur et non l’intention de l’auteur qui met en mouvement la « machine paresseuse » pour donner sens à l’histoire. Pour lire la même histoire, il faut parler la même langue et partager une même culture. Si vous lisez Harry Potter avec à l’esprit la sorcellerie de l’Exorciste, là où 99,99% n'y voient que la magie des contes de fées, nous ne lirons pas la même histoire.

Je le regrette pour vous : c’est une belle histoire.

Publié dans Culture, Dieu | Commentaires (0) |  Facebook | | | Isabelle | Tags : harry potter, magie, christianisme

08/02/2019

Pourquoi vos potes ont zappé ce super événement catho parisien que vous organisiez

Vous avez monté une super soirée catho, un truc de ouf, les photos circulent sur insta, et là un copain vous enguirlande : « ouais mais j’étais pas au courant, comment ça se fait ? »

Pourtant vous avez tout essayé. Vous avez payé de la pub sur les réseaux sociaux, passé du temps à choisir les filtres, envoyé des mailings, invité tous vos contacts. Alors bien-sûr vous n’avez pas non plus harcelé les gens avec des tonnes de textos : en plus, la loi RGPD ne vous autorise pas non plus à faire n’importe quoi. D'ailleurs, le spam sauvage n’a pas bonne presse.

Vous êtes absolument certain que ce copain a reçu l’information. Vous avez vérifié qu’il était dans le mailing. Il est également abonné aux cinq pages facebook qui ont abondamment relayé l’événement, il suit l’association sur Insta et sur Twitter, et vous avez eu l’impression de ne parler que de ça pendant les trois semaines précédentes.

S’il était le seul, encore. « Mes enfants n’étaient pas au courant… » « Zut, mais comment j’ai pu louper ça ? » Les algorithmes et outils anti-spams ne peuvent tout de même pas expliquer que le même qui a liké votre événement vous assure deux semaines plus tard qu’il n’était « pas au courant ».

 

Alors que s’est-il passé ?

Il s’est passé que votre ami, comme n’importe qui, a une mémoire sélective. L’information est passée sous ses yeux. Oui. Comme des centaines d’informations chaque jour, et la vôtre n’était tout simplement pas prioritaire : son esprit l’a aussitôt jetée aux oubliettes, pour éviter de s’encombrer avec. Il n'est pas hostile : il est imperméable. Comme vous, d'ailleurs. Comme tout le monde.

Regardez l’agenda d’un jeune célibataire catholique citadin. Retirons ceux qui viennent d'arriver et qui cherchent désespéramment à faire leur trou. Quand on a deux soirs de libres par semaine, c’est déjà bien. Entre les veillées de prière, les conférences, les afterworks et les engagements caritatifs, les amis ont bien du mal à trouver leur place. Et si comme moi vous faites du sport plusieurs fois par semaine, vous êtes foutu. Surtout si vous avez un peu d’argent : les étudiants sont à la limite sauvés par leur « pas d’argent pour sortir », encore que les soirées cathos sont généralement gratuites…

Alors votre soirée catho, non, elle n’était pas prioritaire. Ce que les yeux ont vu n’a tout simplement pas été enregistré dans le cerveau, quand bien même les yeux l’auraient vu trois, cinq, dix fois. On le fait tous les jours pour tant de choses…

 

Alors que faut-il faire ?

D’abord, vérifiez que votre proposition est pertinente. Si elle ne touche pas sa cible, c’est peut-être que la majorité des gens n’ont pas besoin de votre proposition, ou qu’ils ont mieux à faire.

Mais si votre entourage est désolé d’avoir loupé le coche, cela veut sans doute dire qu’il fallait mieux transmettre l’invitation. Mais comment faire, dans un monde saturé d’information ? Faut-il en rajouter ? Oui, si on y va au matraquage, ça finit par fonctionner. On a fait une petite enquête au boulot, et on a découvert que les jeunes qui se rappellent d’avoir vu passer un événement (sans nécessairement y être allé) sont ceux qui ont vu trois fois l’information. C’est ce qu’on appelle faire du forcing. Mais au bout d’un moment, on s’épuise. Et surtout, le succès a un côté artificiel qui laisse un goût amer aux organisateurs…

Ce n’est pas une recette à proprement parler, mais je pense qu’il peut être bon de questionner notre rapport à la communication. Le Pape François disait, dans son message pour la journée des communications sociales 2014 :

« Lorsque la communication est destinée avant tout à pousser à la consommation ou à la manipulation des personnes, nous sommes confrontés à une agression violente (…). Il ne suffit pas de passer le long des « routes » numériques, c'est-à-dire simplement d’être connecté : il est nécessaire que la connexion s'accompagne d’une rencontre vraie. Nous ne pouvons pas vivre seuls, renfermés sur nous-mêmes. Nous avons besoin d'aimer et d’être aimés. Nous avons besoin de tendresse. Ce ne sont pas les stratégies de communication qui en garantissent la beauté, la bonté et la vérité. (…) L’implication personnelle est la racine même de la fiabilité d'un communicateur. »

Observez les réponses que vous faites aux événements sur un mois, et vous constaterez vite que plus l’ami s’est personnellement impliqué pour vous transmettre l’invitation, plus votre esprit a accepté de la retenir. S’impliquer personnellement ne signifie pas qu’il faut mettre de grands moyens financiers ou adapter le média à la cible : des enveloppes pour les vieux, des vidéos de 30 secondes pour les jeunes. S’impliquer personnellement signifie mettre de l’affect. « C’est moi, qui t’invite, qui t’invite toi, et pas la terre entière ». Voilà le message le plus efficace.

Cela ne nous est pas seulement difficile parce que c’est chronophage ; cela nous est difficile d’une part parce que nous avons peur de nous impliquer dans quelque chose que nous n’assumons pas totalement, qui serait par exemple trop typé idéologiquement ou religieusement, et d’autre part parce que nous n’avons pas envie d’allouer à cette cause que nous prétendons défendre plus d’un certain pourcentage de notre temps : nous cloisonnons. Dans le premier cas, il faut peut-être faire preuve de plus de courage. Mais dans l’autre, peut-être doit-on se poser la question suivante : suis-je vraiment persuadé de l’importance de cette cause ? Et si non, pourquoi devrais-je attendre de mes amis qu’ils entendent ce message si je ne le juge pas assez important pour leur en parler directement, de personne à personne ?

Je ne dis pas ça pour vous décourager d'organiser des trucs... Simplement, faites baisser la pression !

Publié dans Dieu, Société | Commentaires (0) |  Facebook | | | Isabelle | Tags : catholique

22/01/2019

Les aventures d’Emmanuelle à Paris – Episode 2 : la pizza

Arrivée à Paris voilà quelques jours, Emmanuelle est prise d’un sentiment de solitude : ses amis d’Etudiantsville présents dans la capitale semblent la snober et ses colocataires trouvées sur Jéricho’loc ne sont jamais là le soir, où dînent devant un film dans leur chambre. Elle qui avait l’habitude des soirées entre copains, elle se retrouve seule.

Ce dimanche, elle a eu bien du mal à se motiver pour sortir. A force de repousser, elle se retrouve à la messe de 18h30 à Saint-Machin, dite « messe des jeunes ».

 

« Bonjour tout le monde, dimanche prochain les JP se retrouvent après la messe du soir pour un dîner dans la salle paroissiale ! Vous êtes les bienvenus ! »

 

Cela fait quelques jours seulement qu’Emmanuelle a commencé son stage de fin d’étude, mais déjà, elle ne se sent plus étudiante. Le changement de décor y est pour quelque chose. Si elle était restée à Etudiantsville, elle aurait surement continué à fréquenter l’Aumônerie de la Catho et le groupe étudiant de l’Emmanuel. Mais elle ne connaît personne ici, et elle aborde l’univers professionnel avec un peu d’appréhension. Ce stage, elle le sait, peut déboucher sur un CDI. Elle ne sait encore s’il faut l’espérer : est-ce qu’elle se sent en phase avec l’entreprise ? Mais depuis quelques jours, elle sent bien qu’elle a quitté pour de bon le confort de la vie étudiante.

 

Il y a donc des jeunes professionnels qui se retrouvent dans cette paroisse ? Mais bien-sûr ! Combien d’étudiants arrivent ici pour un premier boulot en ayant quitté des  univers chaleureux, déboussolés et esseulés !

 ***

Une semaine plus tard…

En mettant les pieds dans la salle paroissiale, Emmanuelle sut immédiatement qu’elle s’était trompée d’endroit. La plupart des convives avaient dix ans de plus qu’elles, dix ans de vie professionnelle dans les bottes, et se souciaient de leur arrivée à Paris comme d’une guigne : ils l’avaient pour ainsi dire oubliée. Mais trop tard, elle ne peut fuir, un grand gars sec s’approche d’elle :

- Salut je suis François-Xavier, le président du bureau ! Tu t’appelles ? Et bien bienvenue ! Assieds-toi, prends place, n’aie pas peur !

Un peu gênée, Emmanuelle s’assoit le long d’une grande table recouverte d’une nappe en papier. Les couverts sont en plastiques – à l’aumônerie de la Catho, on était passé aux couverts en dur suite à une conférence Laudato Si voilà deux ans – et un jeune dépose une pile de pizza devant eux – à l’aumônerie de la Catho, deux ou trois jeunes venaient une heure avant le repas pour faire la cuisine avec la sœur chaque jeudi midi. Emmanuelle ne peut s’empêcher de comparer. Elle se morigène. A l’aumônerie de la Catho, la liturgie c’était n’importe quoi et on passait bien peu de temps à se former réellement. Sa voisine lui jette des regards en coin mais préfère vanner le jeune homme voisin d’en face plutôt qu’engager la conversation. C’est finalement ledit jeune homme qui rompt la glace :

- Arrête de charrier, tu vas faire peur à la nouvelle !

- Oh désoléeah, t’inquièteah, on n’est pas si méchanah… Comment tu t’appelles ?

- D’où tu viens ?

- T’as quel âge ? Ah ouais mais t’es super jeune !

- Ben je sais, mais comme je débute mon stage de fin d’étude, je n’allais pas rejoindre une aumônerie étudiante…

- Ouais-ouais, nan c’est juste qu’ici c’est plutôt un groupe de 25-35…

- Ah ? On m’avait dit jeunes pros ?

Des regards sombres la foudroient. Elle comprend qu’elle a gaffé, d’une façon ou d’une autre. Une trentenaire silencieuse jusqu’alors lui glisse dans un sourire :

- Ne t’en fais pas, on n’est pas très regardant. Et si tu chantes, tu es en tout cas la très bienvenue dans la chorale. On anime la messe un dimanche par mois.

Emmanuelle répond à son sourire et passe le reste de la soirée à discuter avec Claire, infirmière, mélomane et d'un caractère doux et aimable, qui lui présente les activités du groupe avec humour :

- Si tu veux prier, il y a un groupe de louange le mercredi soir. Si tu veux te former, un groupe se fait des topos les uns aux autres le lundi soir. Si tu veux t’engager… Va voir la conférence Saint-Vincent de Paul jeunes dans la paroisse d’à-côté. Si tu veux des soirées rocks, des pizzas, des afterworks tous les soirs, tu es au bon endroit.

- Des afterworks ?

- Tu rejoins le groupe whatsapp et tu auras quasiment trois fois par semaine une proposition pour un verre après le boulot.

Emmanuelle se dit alors que son budget n’y survivra pas…

- Mais tu y vas, toi ?

Claire secoue la tête en souriant.

- Moi, ce qui m’intéresse, c’est la chorale. Mais on manque de voix d’hommes, et les filles ne viennent quasiment jamais aux répétitions. On ne sait jamais sur qui compter… Et surtout, je dois accepter tout le monde, y compris des gens qui chantent ouvertement faux. Je ne suis pas bonne publicitaire, hein ? Pour tout avouer… Je ne sais pas si je continuerais l’année prochaine… Je suis tentée par un chœur semi-pro qui me fait de l’œil depuis quelques mois.

 

22h30. Emmanuelle rentre à la coloc avec un sentiment de vide. Dans le canapé, il y a Benjamin, le grand-frère d’une de ses colocs. Il a un sourire charmant (et ne passe pas assez régulièrement à l’appart aux yeux de la coloc n°2, Anne-Sophie).

- Tiens, c’est la nouvelle coloc ? Comment tu vas ? Pas trop dur, l’atterrissage ?

Emmanuelle a envie de tout lâcher : la nullité de la ville, la mondanité des jeunes, la vacuité des conversations, le speed, le fric, la solitude. Elle se retient devant un quasi inconnu.

- J’étais au dîner des JP ce soir…

- Quelle idée !

- Ben… Je me disais que ce serait sympa de rencontrer des jeunes de la paroisse…

Elle n’ose de commentaire, se rappelant que Benjamin a lui aussi passé trente ans ; mais une forme de détresse a dû percer dans sa voix, car il la dévisage pensivement.

- Tu sais, le fait que ces groupes ne sont ouverts qu'à partir de 25 ans, alors qu’on commence à bosser généralement à ton âge ou avant, montre bien qu'il s'agit plus de sociabilité que de jeunes cherchant à mieux vivre cette étape de transition qu’est l’entrée sur le marché du travail.

Après cette longue phrase, il reprend son souffle et rassemble ses idées. Emmanuelle s’interroge : mais lui qui a passé trente ans, n’est-il pas aussi désespéré de sociabilité ?

- Toi, tu y vas, dans ces groupes ?

- Moi je n’ai raccroché les wagons avec la messe dominicale que vers 25 ans. Alors au début, les groupes de JP, je trouvais ça super. Et puis bon… Au bout de 3 ans, je me suis rendu compte que je n’y avais créé aucune vraie amitié et que ma vie spirituelle ne progressait pas. Je ressentais le besoin de formation après ma conversion, et ce n’était pas dans ces groupes que je trouvais mon compte. J’en ai parlé avec un prêtre qui m’a conseillé de faire le parcours EVEN. C’était il y a trois ans et demi… Ça n’a pas été facile, surtout que j’étais dans les plus âgés, mais en fait… J’ai accepté de me mettre à l’école de gosses de 20 ans qui avaient une foi en Dieu bien plus mature que la mienne, et qui étaient sacrément plus calés que moi sur le caté. Ça a été une épreuve d’humilité, mais une épreuve salutaire. Maintenant je n'ai quasiment plus d'engagement, en dehors des visites aux malades.

- Et c’est pour ça que tu n’es pas un célibataire désespéré ?

Benjamin a franchement rigolé à la taquinerie.

- La nature a horreur du vide, alors forcément le célibat non choisi, ce n’est pas le grand bonheur !

Emmanuelle se tait. Elle aimerait bien qu’il lui dise, ce jeune homme qui se pose en grand-frère, où elle doit aller pour ne pas tomber dans les travers de la jeunesse parisienne. Elle pourrait bien-sûr renoncer à rencontrer du monde : elle n’a pas la pression de devoir se mettre en couple, puisqu’elle a déjà quelqu’un. Elle n’est pas une « célibataire désespérée », et s’en félicite. Mais Thibaut est loin, et la solitude proche ; elle est blessée dans son désir d'amitié par le silence de ses anciens amis. Mais Benjamin ne la rassure pas.

- Tu sais, si tu restes… A Paris, il faut renoncer à rencontrer vite, ou alors on rencontre mal. Beaucoup de jeunes, ici, sont en mal d’amitié et angoissés face à une solitude dont ils ne voient pas la fin. Un groupe donne un confort affectif, mais ce confort est illusoire, et c’est une illusion suffisamment réaliste pour que des gens perdent des années de leur vie à passer de groupe en groupe. Mais l’amitié, pour se construire, a besoin à la fois de temps et de choix. Pour se savoir aimé, on a besoin de se sentir choisi, et un ami, c’est quelqu’un que tu as choisi. Or pour laisser de la place au choix, on est bien obligé d’accepter le vide et le silence. Et le problème de cette ville, c’est que les jeunes ne choisissent pas : ils remplissent leur agenda jusqu’à plus soif et butinent les relations.

 

« J’ai six mois à tenir seule dans cette ville », pense alors Emmanuelle. « Je peux le faire. Et après, on se fiancera avec Thibaut et je chercherais du boulot là où il vit ».

Publié dans Cité, Dieu, Société | Commentaires (0) |  Facebook | | | Isabelle

12/04/2018

Des subtilités de parvis, de la province à Paris

Les mondanités de parvis, vous connaissez ? C'est un truc passionnant, on pourrait en faire un mémoire de socio. Voire même une thèse.

Bon, si vous êtes un peu catho, genre au moins une fois de temps en temps, vous voyez de quoi je veux parler même sans avoir fait une recherche universitaire. A la sortie de la messe, un attroupement de paroissiens papote aimablement sur le parvis, en cercles plus ou moins larges, sur une durée qui s'étend de cinq minutes à une demi-heure. Ça se prolonge éventuellement autour d'une bouffe ou d'un verre. 

Ces mondanité de parvis, qu'on retrouve presque partout, ont toutes cette même apparence ; mais sous la surface se cachent des réalités différentes... Voyez plutôt.

 

20h, un dimanche de début octobre, une église d'Etudiantville, grosse ville provinciale.

Quand Emmanuelle emménagea dans une petite chambre de bonne à Etudiantville, elle ne connaissait encore personne. A 21 ans, elle entamait sa troisième année d'étude à l'Ecole Supérieure de Trucs à Apprendre après deux ans de prépa. Il n'était donc que très naturel d'aller seule à la messe, le premier dimanche qui suivit son arrivée. En revenant de la communion, elle remarqua un gars vaguement croisé dans les couloirs de son école. La foule se pressait pour sortir de l'église, mais elle manœuvra habilement pour se retrouver à ses côtés*.

- Eh, salut, tu n'es pas à l'ESTA* ? Il me semble t'avoir croisé hier !
- Ah ouaaais je me disais bien que j'avais déjà vue quelque part ! Et ben c'est sympa ça, mais t'étais pas là à la soirée de l'aumônerie... T'es nouvelle ?
La conversation se poursuivit poliment jusqu'au parvis. Une fois descendues les quelques marches, notre étudiant - appelons-le Thibaut - retrouvait ses potes, comme tous les dimanches. Lui, ça faisait quatre ans qu'il était là : scoutisme, colocation, club de théâtre et petites chouilles entre potes... Disons qu'il avait fait son trou. 

Emmanuelle garda une distance respectueuse et s'apprêtait même à s'éloigner en voyant un cercle se former à partir de Thibaut : mais celui-ci se retourna vers elle et lui fit signe d'avancer.

- Bon, c'est Emmanuelle, elle est aussi à l'ESTA, elle débarque...
- Salut, c'est Thomas, je suis en troisième année d'ingénieur et je suis le coloc de Thibaut...
- Sophie, je suis en école d'infirmière...
- Amicie, je suis en recherche d'emploi, motivée ah ah...
- Et moi c'est Côme. Bon les gars, on se fait un kebab là ? Emmanuelle, tu n'as rien d'autre de prévu ?

 

Deux ans et des brouettes plus tard, 19h45, un dimanche de janvier, une église de l'Ouest parisien.

Emmanuelle vient de commencer son stage de fin d'étude : elle part pour six mois de vie parisienne. Son copain - appelons-le Thibaut* - est en mission à Lyon jusqu'en septembre prochain. Pour faire son trou rapidement, elle s'est mise en coloc avec deux autres cathos grâce à un réseau d'annonces : une étudiante et une salariée. A son étonnement, ses deux colocataires ne lui ont pas proposée de l'accompagner à la messe. Chacune est partie de son côté. Elle s'est donc rendue à Saint-Machin, l'église la plus proche. En revenant de communier, elle aperçoit avec joie Amicie, avec qui elle s'entendait comme larrons en foire à Etudiantville deux ans plus tôt ; elles sont d'ailleurs toujours "en contact" via Facegram (ou un truc du style). Emmanuelle manœuvre habilement pour croiser Amicie en sortant de l'église.

- Oh Emmanuelle ! Trop sympa tu débarques à Paris ? J'avais vaguement suivi sur Instabook (ou un truc du style). Je savais pâââs que t'étais dans le quartier !!
- J'ai trouvé un stage dans une super boite, là, pour six mois, plutôt cool... Et toi ça va ? Toujours le même boulot ? 
- Ecoute ça va, ouais, ça se passe plutôt bien, je suis en coloc dans le coin... Et la paroisse elle est super cool tu verras !
- Ouais trop bien j'ai vu qu'il y avait la masse de jeunes ce soir à la messe !

La conversation se poursuit le temps de sortir de l'église, de descendre du parvis, puis pour Amicie de retrouver ses potes. Emmanuelle reste quelques pas en arrière, poliment, attendant qu'on l'introduise. Amicie se retourne vers elle :

- Bon c'était trop cool de te voir ! Faudra qu'on se prenne un café un de ces quatre.

Et le cercle se referme devant Emmanuelle.

Qui rentre dîner seule, puisque ses colocs ne sont pas encore rentrées.

Prochain épisode : Emmanuelle mange une pizza avec les JP de Saint-Machin.

 

Aussi désagréable qu'est cette expérience - j'en ai fait les frais dans le temps - il faut faire l'effort de comprendre les origines du phénomène avant de jeter la pierre aux parisiens. Vous pourrez vous référer à l'article pas si débile (même s'il est écrit sur le ton de l'humour) le potentiel de potitude. Cela vous permettra peut-être de comprendre une des raisons pour lesquelles, après une intégration plus longue que souhaitée, vous ne serez pas épargnés par ce pli parisien... Rendez-vous dans deux ans !

* Si ça peut vous faire plaisir, vous pouvez imaginer qu'il était beau gosse.
* Si ça peut vous faire plaisir, vous pouvez imaginer que ça veut dire autre chose que Ecole Supérieure de Trucs à Apprendre.
* Si ça peut vous faire plaisir, vous pouvez imaginer que c'est le même Thibaut qu'au paragraphe précédent. Mais il n'est pas à Paris et ça, ça fait bien iéch.

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15/11/2017

[RAPPEL] Ces trucs pornos qu'on diffuse quand même...

- Ces images sont accessibles aux mineurs ! #Scandale

- Mais oui madame, et c'est peut-être grâce à votre partage public sur Twitter qu'un mineur pourra les voir aujourd'hui.

On voit de temps en temps fleurir sur nos réseaux sociaux des "trucs pornos" : images, textes... Récemment, c'était un film d'animation avec une saucisse baisant un hot-dog (entre autre), ou encore un court extrait d'un livre que l'éducation nationale proposerait aux adolescents (j'emploie le subjonctif car je n'ai jamais vérifié : ma réaction à ce genre de lecture  - pour être clair, c'est du porno - est d'abord de fermer mon navigateur et de réfléchir à mon rapport aux réseaux sociaux...)

De nombreux acteurs de la société entendent pourrir l'âme de nos gosses. Ce n'est pas une raison pour les laisser pourrir mon âme à moi, ou celle de mes amis. Je ne vois pas bien en quoi partager ouvertement, sans aucun message d'avertissement, des récits ou des images pornographiques aussi brefs soient-ils fera grandir la pureté dans le monde.

C'est très bien de lutter pour alerter les consciences. Encore faut-il le faire à bon escient. Vous n'avez que des contacts majeurs ? Bien. Vous sélectionnez les contacts auxquels vous laissez voir certaines publications ? Permettez moi d'en douter puisque je vous ai lus. Et je ne parle pas de Twitter... Si votre profil n'est pas fermé, vous ne contrôlez rien du tout.

Et vous ne me connaissez pas. Je pourrais être mineure. Ou avoir une sensibilité particulière : être addict au porno (c'est bien plus fréquent qu'on ne le pense) ou avoir été traumatisée par un de ces jeux sexuels auxquels les ados se soumettent, beaucoup trop, de plus en plus, et aucune classe, caste ou communauté n'est épargnée. Les blessures liées à une mauvaise expérience de la sexualité sont désormais trop fréquentes pour que le sujet soit abordé avec autant de légèreté (lisez Thérèse Hargot, c'est édifiant et tristement vrai).

Stop.

Aussi, j'ai pris la décision d'effacer de mes murs chacun de mes "amis" qui aura mis sous mes yeux un récit pornographique, quitte à passer pour une coincée. C'est pas bien compliqué nom d'un chien de mettre un lien vers le texte dénoncé en prévenant ! Mais je vois bien le désir de choquer, de scandaliser pour provoquer la réaction attendue : faire participer à une campagne de lobbying pour améliorer les choses. Échec. Si les moyens ne s'accordent pas à la fin, laissez tomber...

Amis internautes, vous n'êtes pas cohérents. Laisseriez-vous votre enfant lire ce paragraphe ? Si non, alors pourquoi vous mettez-vous en situation de le faire lire par ceux des autres ? Vous utilisez l'Anneau pour détruire Sauron. Autrement dit, vous utilisez le mal pour combattre le mal. Solution de facilité. Avec des dommages collatéraux et un résultat incertain. Alors quoi, on peut se permettre quel pourcentage de pertes ? Vous avez des chiffres peut-être ?

Si vous ne comprenez pas bien encore, vous trouverez ici un argumentaire rédigé à l'époque où tout le monde partageait des photos de cadavres... Ces images de merde qu'on diffuse quand même.

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PS : Oui, je suis énervée, parce que je m'adresse à des gens dont j'attendais vraiment un peu plus de jugeote, et pas à des ados de 15 ans. Vos publications Facebook ou Twitter ne sont pas des livres ou des films qu'on peut choisir de ne pas voir. Je suis libre d'ouvrir Game of Throne, de le fermer, de sauter la scène que je sentais venir depuis trois paragraphes : vous, qui avez partagé ce texte et à qui je faisais autrement plus confiance qu'à G.R.R Martin, ne m'avez laissé aucun indice quant au contenu du paragraphe que vous partagiez. Paradoxal, n'est-ce pas, qu'un écrivain agnostique respecte plus ma liberté qu'un catholique très respectueux de la Doctrine, de la Sainte Tradition et de la Morale ! Vous n'avez pas à vous excuser à mon égard, parce que vous ne m'avez pas personnellement blessée ; je ne regarde pas de porno et je n'ai pas été abusée dans les toilettes du collège. Mais j'étais au collège il y a longtemps, dans un autre siècle, un autre millénaire (après j'étais au lycée ^^). Nous partageons tous la responsabilité des plus fragiles, qui ne sont pas toujours ceux que l'on croit, et je pense de ma responsabilité de péter un câble aujourd'hui.

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