07.12.2009
Gros budget pour fantasy ?
Doit-on nécessairement avoir un gros budget à disposition pour adapter au cinéma une oeuvre fantastique ? Après "The Hunt for Gollum", Kate Madison réédite l'exploit avec "Born of Hope", envoyé il y a trois jours sur Dailymotion. "For an historical fantasy feature film our budget is incredibly low, with an estimated total budget of around £25,000", annonce le site du film. C'est bien cette affirmation qui me tracasse: les films de fantasy s'encombreraient-ils donc de coût de production "incredibly"... high ?
La bande annonce du film
Sponsors et donateurs ont fourni la mâne financière essentielle au tournage de "Born of Hope", en nature ou en espèce. L'équipe britannique peut s'appuyer sur des réseaux importants de fans, grace au succès littéraire de Tolkien depuis 60 ans, surtout en Angleterre, et à la popularité de l'adaptation cinématographique de Peter Jackson. Certains membres de l'équipe de Peter Jackson, comme Richard Taylor, montrent de la sympathie envers l'initiative de cette fan-fiction. On peut néanmoins craindre de voir cette initiative constituer pour les fans un désaveu de la politique financière des réalisateurs de fantasy.
Et bien au-delà. Car c'est la production cinématographique à gros budget toute entière qui pourrait être remise en question par ces fan-fictions. Un film gratuit sponsorisé, c'est la mort du cinéma payé par les ventes, non ? Sauf que les sponsors sont des amis, des fans, et pourraient - pourquoi pas - être des universités soutenant leurs étudiants.
Un film amateur qu'on aimerait bien voir des étudiants en "cinéma, art et culture" et amateurs français réaliser avec le même succès.
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30.11.2009
Voyage Un pèlerinage vers Jérusalem en 305 break... (inédit n°2)
Le retour en France, la plus grosse étape du voyage !
Nous sommes fatigués. Fatigués de conduire, fatigués de dormir à la dure, chaque soir dans un endroit différent. Le chemin du retour est long... Mais jamais ennuyeux !
Nous ne prenons pas les mêmes chemins qu'à l'aller. Explorant cette fois – rapidement – l'Europe balkanique, qui vient juste de rentrer dans l'Union, nous nous sentons toujours loin de la France. Même si revoir des forêts verdoyantes a été un vrai plaisir pour les yeux, même si la première pluie du voyage, en Bulgarie, était un étonnement renouvelé... La Turquie, où nous rencontrons de vieux amis de Pauline, a été une bonne transition vers ces montagnes qui bordent la Mer Noire. Nous avons découvert cette fois le côté asiatique d'Istanbul. Quel plaisir de ne pas croiser un touriste à chaque croisement de rue ! Les européens qui viennent de ce côté sont déjà des gens qui « connaissent ». Qui savent qu'ici on peut boire un thé en regardant la mer, manger un pide dans une rue piétonne, loin de Sainte Sophie et de la Mosquée Bleue... Un somme dans les montagnes juste avant les frontières, et nous trouvons la Mer Noire, noyée dans les brumes, le lendemain matin. Nous aurons vu sept mers pendant ce voyage : la Méditerranée, l'Adriatique, la Mer de Marmara, la Mer Rouge, la Mer Morte, la Mer de Galilée, et la Mer Noire. Nous remontons maintenant vers l'Allemagne par les petites routes de Bulgarie, de Roumanie, de Hongrie et d'Autriche – pour éviter de payer l'autoroute. Nous croisons des charrettes tirées par des chevaux, des troupeaux de chèvres et de moutons, des camions bulgares en Roumanie qui transportent des voitures néerlandaises – c'est l'Europe, que voulez-vous ! Nous avons enfin fait le tracé de la route sur la carte qui orne notre capot, en Turquie. Maintenant, nous pouvons dire sans crainte de souci diplomatique que nous avons été à Jérusalem ! Ce petit sentiment de satisfaction nous paye bien de toute notre peine. Shéhérazade, la voiture, roule bien, mis à part quelques petits essoufflements dans les montées qui ne sont pas nouveaux. Nous franchissons le Danube, bientôt, ce sera le Rhin.
Nos passeports ont "la classe", comme on dit... Couverts de tampons et de visa. Nos poches tintent des monnaies étrangères ramenées en souvenirs. Les cartes, pourtant entoilées, témoignent des longues heures de route. Elle sont plus lourdes de la poussière du désert et de notre transpiration. Nous avons tous perdus quelques kilos dans l'aventure. Nous serons à Chartres le six septembre, pour la messe de 11 h. Finir ce pèlerinage dans cette cathédrale symbolique était un moyen de ne pas revenir à notre point de départ. Il ne s'agit pas d'un retour. D'ailleurs, il n'y a pas de retour possible. Il s'agit d'une lancée au contraire, vers ce qui nous attend au-delà. Mais il est encore tôt. Beaucoup trop tôt... Pour en tirer les véritables leçons.
Au compteur de la 305 break
16 000 km
A l'heure où nous vous écrivons, de Bucarest, nous avons fait 13 000 km. Nous aurons fait environ 16 000 à Chartres, à l'arrivée. Nous avons fait 20 pleins, bu 50 litres de coca cola, de quoi remplir le lac de Tibériade en eau – du moins est-ce l'impression que nous en avons. Le moteur a digéré une dizaine de litres d'huile... Et nous vous avons envoyé neuf articles pendant cet été dont huit publiés !
La galère de la semaine
La pluie !
Il a plu ! Vous me direz, tant mieux, ça ne fait pas de mal après le désert... Mais justement, Shéhérazade était couverte de sable jordanien dans le plus pur style baroudeur, et nous avions inscrit sur la vitre arrière un tissu d'ânerie du plus bel effet. Tant pis. D'autre part, notre tente a rendu l'âme récemment... Ce qui nous oblige à dormir à trois dans la voiture, situation inconfortable au possible... La nuit dernière, Damien a tout de même réussi à la coincer assez bien pour qu'elle tienne. Et enfin, dernier désagrément : Pensez-vous que nous avions emporté des vêtements de pluie ? Que nenni ! Alors nous sommes mouillés...
Le bon plan
Le temps des rencontres
Prenez le temps de voyager, pour avoir le temps de faire des rencontres ! Nous laissons derrière nous un chapelet d'amis chers qu'ils nous a été difficile de quitter. Sœur Dominique à Rome, Serge, Sophie dans leur maison de retraite à Istanbul ; Pauline, doyenne de sa paroisse à Alep, les gens de Soufanieh à Damas, Yori, ses trois gosses et sa femme en Israël, les enfants de l'orphelinat de Bethléem, Soeur Rachidé, Soeur Maya et les jeunes libanais, Axel et Ulug à Istanbul au retour... Nous en oublions tant ! Et tout ces français qui baroudent de par le monde et nous ont ouvert d'autres horizons.
Ces articles n'ont pas été publiés pour des raisons de timing. Ils devaient permettre de dépanner la Rédaction si les voyageurs s'étaient trouvés dans l'impossibilité de transmettre leurs nouvelles hebdomadaires.
Celui-ci n'ayant que fort peu de chance d'être jamais publié, nous nous sommes autorisés un ton plus léger...
15:02 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.11.2009
L'entretien : une remise en forme bien méritée
Shéhérazade est notre voiture. Nous avions précisé qu'elle avait 23 ans. Maintenant, avec 228 365 km au compteur, elle s'exprime sur les traitements que nous lui avons imposés.
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Shéhérazade, vous êtes partis avec trois jeunes en pèlerinage à Jérusalem... La route a été dure ?
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Plus dure que pour eux, oui ! Ils auraient pu y aller à pieds, comme beaucoup d'autres dingos... Mais je ne me plains pas ; nous avons bien rigolé.
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Même dans les montées ?
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Ne m'en parlez pas ! Ils ont été assez aimables pour me ménager... Heureusement, parce que sans moi ils se sentaient bien seuls. Je me rappelle qu'ils ne faisaient pas les fiers, quand ils ont du me laisser à la frontière libanaise...
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Eh oui ! Tout ça parce que vous carburez au diesel !
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Le diesel, c'est tout de même bien pratique. Ça consomme deux fois moins et mon moteur chauffe aussi deux fois moins que sur une essence. Tant mieux, parce que j'étais chargée au retour ! En revanche, je n'ai pas trop aimé le diesel mal raffiné de Syrie. Ça me fait fumer et ça me fend le cœur de polluer autant...
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Alors, vous repartiriez volontiers ?
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Euh... Je crois que j'ai tout de même méritée une remise en forme !
Cet entretien n'a pas été publié pour des raisons de timing. Il devait permettre de dépanner la Rédaction si les voyageurs s'étaient trouvés dans l'impossibilité de transmettre leurs nouvelles hebdomadaires.
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28.11.2009
Voyage Un pèlerinage vers Jérusalem en 305 break... (inédit n°1)
Le Liban, contre vents et marées : une résistance millénaire...
Dans ces mêmes montagnes que nous parcourons à pieds aujourd'hui, les chrétiens maronites ont patienté plusieurs centaines d'années, que l'on compte en millénaire. Les mamelouks venus d'Égypte, puis les Ottomans ont chassés les chrétiens vers les vallées...
Mais les chrétiens étaient déjà là avant le baptême de Clovis, ils étaient là aux croisades, ils seront là encore après nous. « Les chrétiens d'Orient, c'est un mélange d'espoir et de désespoir, explique soeur Maya, des Saints Cœurs. C'est le blé qui tombe en terre pour donner du fruit... Ils ont toujours payés pour tout le monde ; pour les croisades, quand sont partis les Francs, pour le Hezbollah... » Éternels boucs émissaires, les chrétiens du Liban ? Le pays est une mosaïque constellées de tendances chrétiennes, musulmanes et surtout, politiques ; il devient difficile de faire la part des choses. De ce côté de la vallée, c'est Geagea, de l'autre, Aoun. A notre arrivée, nous sommes surpris à la vue des boites bleues aux mains jaunes qui recueillent des dons : « Je voyais les mêmes en Iran, ça doit donc être le Hezbollah », indique Pauline. Le Hezbollah, nous en avons un rapide aperçu lorsque trois 4x4 noirs sans immatriculation nous dépassent, sirènes hurlantes et kalachnikov aux fenêtres. « Ils ont tous les droits. La plaie de ce pays », nous indique un anonyme. Les libanais n'en aiment pas pour autant Israël, toujours dans l'inquiétude de la guerre, de l'invasion, de leur disparition.
Ce sera notre seule image de la guerre ; nous ne descendons pas dans le sud, n'ayant qu'une semaine pour voir l'ensemble du pays. Damien retrouve à Jounié une amie de fac, d'origine vaguement libanaise. Nous dormons chez des amis d'amis d'amis... puis retrouvons sœur Rachidé, une vieille amie de mon parrain, grand voyageur sous l'éternel. Elle nous montre les Cèdres, célèbre plantation du non moins célèbre arbre, dont il ne reste malheureusement plus que quelques specimens. Il faut 500 ans pour faire un cèdre digne de ce nom ; il faut cinq minutes, avec une tronçonneuse, pour le défaire. Nous savourons l'air de la montagne, l'odeur des sapins, la nourriture libanaise...
Mission
Soeur Rachidé, avec sa congrégation, anime une mission de jeunes. Ils ont entre 16 et 26 ans, et s'engagent pendant deux semaines au service de la chrétienté. Dans un village, chaque année différent, la cinquantaine de jeunes gens vivent en communauté, suivant une formation spirituelle, humaine et éducative. Enseignement le matin, catéchisme et jeux avec les enfants du village l'après-midi. Nous sommes surpris de constater avec quel sérieux ces jeunes envisagent leur foi. Une foi vivante, enracinée dans les montagnes, qui poussent les jeunes à se faire missionnaires... Dans les villages visités, ils attirent les enfants par leurs jeux et leurs chants. « Je vous admire pour le travail effectué. Ce que vous avez planté, c'est un grain de blé qui, soyez en certains, donnera du fruit », assure Hyam Abou-Jaoudi, la directrice du collège des sœurs des Saints Cœurs Kfarhbab.
Et en voyant la joie des enfants, une joie qui transcende le simple plaisir d'être ensemble, on a envie de leur dire : « Apprenez-nous à agir en missionnaire chez nous, venez nous évangéliser en France... Nous aurions tant besoin de gens comme vous ».
La galère
Diesel interdit !
Nous l'avons eu, la galère du voyage ! Sur le coup, nous avons d'ailleurs cru à une plaisanterie ; mais les militaires étaient formels, au poste de frontière libanais : les voitures de tourisme diesel ne sont pas autorisées à circuler au Liban. Il nous a fallu quelques heures pour digérer la nouvelle... Pas de voiture, cela signifie pas de toit pour dormir si on ne trouve pas d'hôtel, l'obligation de porter nos bagages, et bien sur plus de moyen de transport... Pourtant, pas question de renoncer au Liban ! Nous décidons d'y aller quand même, après avoir laissé notre quatrième compagnon de voyage dans un parking fermé à clé et réservé au personnel de la frontière.
Au compteur de la 305 break
Dénivelé
Difficile à décompter notre kilométrage, puisque nous n'avons plus de voiture. En revanche, nous pouvons facilement décompter les dénivelés... Le Liban se jette à la mer du haut de montagnes de 3000 mètres, où l'on trouve les neiges éternelles et les stations de ski les plus importantes du Moyen Orient. En une heure de temps, nous passons du niveau de la mer à 2000 mètres ! Attention aux oreilles ! Nous perdons par la même occasion une dizaine de degrés, voire plus la nuit, ce qui n'est pas désagréable...
Le bon plan
Lapin providentiel
La Providence nous aurait-elle posé un lapin en arrivant au Liban ? Quand il y a une galère quelque part, nous trouvons toujours une solution ailleurs ! Celle-ci s'appelle autostop, ou simplement coup de chance. Dès la perte de notre véhicule, nous trouvons quelqu'un pour nous amener où nous le souhaitons... Les trajets prennent plus de temps ; mais ils deviennent vite des occasions de rencontres avec les libanais. Considérons donc que la Providence nous a fait une petite blague...
Ces articles n'ont pas été publiés pour des raisons de timing. Ils devaient permettre de dépanner la Rédaction si les voyageurs s'étaient trouvés dans l'impossibilité de transmettre leurs nouvelles hebdomadaires.
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