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07/10/2019

Salut les cathos ! C’est quoi la priorité aujourd’hui : conserver ses ouailles ou évangéliser ?

“A partir de la 4ème c'est un programme post-confirmation qui est proposé.

Je suis tombée sur une phrase qui ressemblait grosso modo à celle-ci et ça m’a tellement interrogé que j’ai commencé un petit post facebook. A force de creuser, le post est devenu un article... Que je soumets à votre lecture.

Dans cette paroisse, la confirmation est proposée en 5ème. Bien-sûr, en apparence sans faire état de l'âge du jeune qui pourrait avoir un an d'avance ou de retard, et sans faire état de sa maturité spirituelle et de ses besoins. Mais c'est une autre question. Ce qui m’intéresse ici, c’est que la paroisse semble du coup partir du principe que tous les jeunes de 4ème qui se ramènent à l'aumônerie étaient nécessairement là les années précédentes. Ou alors ils viennent d'emménager, mais qu'ils ont forcément été Confirmés ailleurs. Le jeune qui, après 13-14 ans, n'aurait pas reçu la Confirmation, il n'est pas prévu de lui proposer un parcours propre. En tout cas, en apparence.

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Apparté - Je ne parle que des apparences ; telle ou telle paroisse pourrait me répondre qu’en fait, etc.. Ici, ce n’est pas la réalité qui m’intéresse. En tant qu’animatrice d’un site internet, je m’inquiète d’abord de l’image de la réalité que cette interface va renvoyer. Internet, c’est souvent le premier visage de l’Eglise que voient les parents ou les jeunes curieux, qui ont tapé trois mots clés dans Google parce que bien (trop) souvent ils n’osaient pas trop en parler aux copains ou aux proches. Si on donne dès ce premier clic l’impression qu’on est bien, entre nous, et qu’on n’a pas trop trop prévu d’accueillir ce jeune ou cette famille, c’est chaud !

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Constat, réaction

En dehors du fait que le message envoyé à un jeune venu d'un peu plus loin qui souhaiterait pousser la porte de l'église - voire de l'Eglise - est bancal et maladroit, l'analyse de la mentalité pastorale que cela pourrait révéler est intéressante. L'énergie serait uniquement consacrée à garder ceux qui sont là. C'est basé sur un constat : les jeunes issus de famille non pratiquante n'ont que trop tendance à lâcher la pratique religieuse une fois qu'ils ont le package baptême-communion-confirmation. Ce constat est juste. Refuser de le voir serait certainement faire preuve d’un angélisme béat. Et il est rassurant de voir que certaines paroisses/communautés proposent des solutions : saine réaction. Ces jeunes ont encore besoin d’être cocoonés, instruits, nourris, intégrés.

“Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. (...) Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. (Mt 25, 26-28)

Problème évangélique

De fait il est difficile de faire preuve d'audace quand notre énergie est consacrée à conserver nos acquis. La peur paralyse le missionnaire, et il faut une sacrée audace pour sortir de chez soi quand on a la trouille. Les apôtres n'auraient pas fait grand-chose sans la Pentecôte... Mais du coup, quel est l’objectif de ce parcours "post-confirmation" : ne devrait-il pas être d'abord consacré à envoyer le jeune confirmé en mission ? Les apôtres ne sont pas restés cloîtrés au Cénacle après avoir reçu l'Esprit-Saint...

Si la formation du jeune confirmé est tournée vers la mission, ne devrait-on pas prévoir d’accueillir les poissons qu’il ramènera dans ses filets ? Le groupe ne devrait-il pas encourager dans sa structure même les petites pêches et les grandes ? Quel est le sens de s’adresser à des jeunes confirmés sans envoyer aucun message missionnaire ? Ce qui est certain, c’est que communiquer uniquement en direction des post-confirmés ne va pas les aider à vivre comme des confirmés.

“À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. (Mt 25, 29)

Faisons gaffe : les évangiles aiment ce genre de paradoxe. Et suivant cette même logique, celui qui a pour premier but de conserver ses ouailles risque de perdre celles-là même qu’il cherchait à garder. C’est cruel... Surtout quand on n’a pas de pistes, pas de moyens, et qu’on essaie déjà de ramasser les débris d’une église qui continue de brûler. La bonne nouvelle c’est qu’un paquet de gens y réfléchissent aussi ; j’en ai rencontré un bon nombre le WE dernier au Congrès Mission 2019. Il y a mêmes des tas d’excellents livres sur la question. On ne peut pas dire qu’on n’a pas les moyens de creuser !

Publié dans Dieu | Commentaires (0) |  Facebook | | | Isabelle

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