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30/11/2016

[RAPPEL] Ces trucs pornos qu'on diffuse quand même...

- Ces images sont accessibles aux mineurs ! #Scandale

- Mais oui madame, et c'est peut-être grâce à votre partage public sur Twitter qu'un mineur pourra les voir aujourd'hui.

On voit de temps en temps fleurir sur nos réseaux sociaux des "trucs pornos" : images, textes... Récemment, c'était un film d'animation avec une saucisse baisant un hot-dog (entre autre), ou encore un court extrait d'un livre que l'éducation nationale proposerait aux adolescents (j'emploie le subjonctif car je n'ai jamais vérifié : ma réaction à ce genre de lecture  - pour être clair, c'est du porno - est d'abord de fermer mon navigateur et de réfléchir à mon rapport aux réseaux sociaux...)

De nombreux acteurs de la société entendent pourrir l'âme de nos gosses. Ce n'est pas une raison pour les laisser pourrir mon âme à moi, ou celle de mes amis. Je ne vois pas bien en quoi partager ouvertement, sans aucun message d'avertissement, des récits ou des images pornographiques aussi brefs soient-ils fera grandir la pureté dans le monde.

C'est très bien de lutter pour alerter les consciences. Encore faut-il le faire à bon escient. Vous n'avez que des contacts majeurs ? Bien. Vous sélectionnez les contacts auxquels vous laissez voir certaines publications ? Permettez moi d'en douter puisque je vous ai lus. Et je ne parle pas de Twitter... Si votre profil n'est pas fermé, vous ne contrôlez rien du tout.

Et vous ne me connaissez pas. Je pourrais être mineure. Ou avoir une sensibilité particulière : être addict au porno (c'est bien plus fréquent qu'on ne le pense) ou avoir été traumatisée par un de ces jeux sexuels auxquels les ados se soumettent, beaucoup trop, de plus en plus, et aucune classe, caste ou communauté n'est épargnée. Les blessures liées à une mauvaise expérience de la sexualité sont désormais trop fréquentes pour que le sujet soit abordé avec autant de légèreté (lisez Thérèse Hargot, c'est édifiant et tristement vrai).

Stop.

Aussi, j'ai pris la décision d'effacer de mes murs chacun de mes "amis" qui aura mis sous mes yeux un récit pornographique, quitte à passer pour une coincée. C'est pas bien compliqué nom d'un chien de mettre un lien vers le texte dénoncé en prévenant ! Mais je vois bien le désir de choquer, de scandaliser pour provoquer la réaction attendue : faire participer à une campagne de lobbying pour améliorer les choses. Échec. Si les moyens ne s'accordent pas à la fin, laissez tomber...

Amis internautes, vous n'êtes pas cohérents. Laisseriez-vous votre enfant lire ce paragraphe ? Si non, alors pourquoi vous mettez-vous en situation de le faire lire par ceux des autres ? Vous utilisez l'Anneau pour détruire Sauron. Autrement dit, vous utilisez le mal pour combattre le mal. Solution de facilité. Avec des dommages collatéraux et un résultat incertain. Alors quoi, on peut se permettre quel pourcentage de pertes ? Vous avez des chiffres peut-être ?

Si vous ne comprenez pas bien encore, vous trouverez ici un argumentaire rédigé à l'époque où tout le monde partageait des photos de cadavres... Ces images de merde qu'on diffuse quand même.

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PS : Oui, je suis énervée, parce que je m'adresse à des gens dont j'attendais vraiment un peu plus de jugeote, et pas à des ados de 15 ans. Vos publications Facebook ou Twitter ne sont pas des livres ou des films qu'on peut choisir de ne pas voir. Je suis libre d'ouvrir Game of Throne, de le fermer, de sauter la scène que je sentais venir depuis trois paragraphes : vous, qui avez partagé ce texte et à qui je faisais autrement plus confiance qu'à G.R.R Martin, ne m'avez laissé aucun indice quant au contenu du paragraphe que vous partagiez. Paradoxal, n'est-ce pas, qu'un écrivain agnostique respecte plus ma liberté qu'un catholique très respectueux de la Doctrine, de la Sainte Tradition et de la Morale ! Vous n'avez pas à vous excuser à mon égard, parce que vous ne m'avez pas personnellement blessée ; je ne regarde pas de porno et je n'ai pas été abusée dans les toilettes du collège. Mais j'étais au collège il y a longtemps, dans un autre siècle, un autre millénaire (après j'étais au lycée ^^). Nous partageons tous la responsabilité des plus fragiles, qui ne sont pas toujours ceux que l'on croit, et je pense de ma responsabilité de péter un câble aujourd'hui.

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