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18/01/2009

Yaoundé : Les benskineurs enquiquinés

Les conducteurs de motos taxis refusent qu’on leur interdise l’accès aux grands axes et au centre-ville.

Une blouse jaune, un casque, un badge (obligatoire depuis le 30 juin)… et même une couleur unique à leur moto. Ces mesures, que préconise la Communauté urbaine de Yaoundé, dans un communiqué du 19 juin, les benskineurs ne les contestent pas dans l’ensemble. " La blouse, c’est bien, et le badge, on est d’accord ", approuve Njoya Adoumou, qui attend les clients au carrefour Obili. Pour certains ; cela pourrait même assainir la profession, et ce serait certainement un progrès en terme de sécurité. En revanche tous s’accordent pour dénoncer la décision du délégué du gouvernement de limiter la circulation des motos-taxis au quartier.

En bref, la zone qui s’étend de Mballa II à Mvog-Mbi et d’Essos à Mokolo serait intégralement fermée aux motos taxis, ainsi que les axes principaux. D’après le communiqué signé par Gilbert Tsimi Evouna, délégué du gouvernement, les motos devront se contenter de " desservir l’intérieur des quartiers désenclavés ". Arnaud Philippe Ndzana, directeur du service technique de la Cuy, affirme quant à lui que le premier objectif de cette décision est de " fluidifier la circulation automobile de la ville ". Les contrevenants s’exposeraient entre autre à la confiscation de leur véhicule et de leur badge.

Pour les principaux intéressés, cette dernière mesure s’apparente à une petite révolution et serait une véritable catastrophe. Ils en parlaient vaguement depuis plusieurs semaines déjà ; désormais, les benskineurs s’inquiètent de l’avenir d’une profession qu’ils ont rarement choisie.

Ils sentent le chômage les guetter, et accusent maintenant le gouvernement de ne pas créer d’emplois supplémentaires pour compenser. " On va quitter pour faire quoi ? Ce n’est pas un métier, mais on veut survivre…On va devoir voler après ? " Les grands commerces du centre ville que les motos dérangeraient sont aussi fustigés. En effet, avec l’interdiction de circuler sur les grands axes, la moto, souvent utilisée par les clients pressés, perd beaucoup de son intérêt. Conduire des clients à l’intérieur d’un sous quartier dont ils cherchent à sortir parait très limité. Et pour les clients, cela veut surtout dire qu’une fois à la frontière du quartier, ils devront trouver un taxi. Mais " on ne peut pas faire le bras de fer ", se désole Adamou, approuvé par ses collègues ainsi que par les passants. " On veut juste vivre en paix. On ne gène pas ! "

Publié le 3 juillet 2007 dans Mutations

Publié dans Cameroun | Commentaires (0) |  Facebook | | | Isabelle

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