Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11/12/2015

Quel genre de manipulateur êtes-vous ?

Parce qu'il existe beaucoup de sites internet pour savoir à quel genre de manipulateur vous faites face, mais très peu - en fait, je n'en ai jamais vu - pour savoir quel genre de manipulateur vous êtes. Or, nous sommes tous le manipulateur de quelqu'un. Pas besoin d'être le pervers dont les émissions de télé nous dressent un portrait flippant, genre "Dans les Yeux d'Olivier". Nous sommes, en permanence, en train d'essayer d'obtenir des autres quelque chose qu'à priori il ne veut pas nous donner : dire "s'il vous plait", c'est déjà manipuler. Ce n'est pas nécessairement mal en soi. Mais on tombe vite dans le chantage affectif... Et personne n'est à l'abri ! Regardez simplement votre mur facebook (ou demandez à quelqu'un de vous montrer le sien si Dieu vous a préservé d'y mettre les pieds). Vous verrez presque certainement un message du type: "plein de gens se battent contre le cancer de la prostate. Le prochain pourrait être toi. 99% des gens ne partageront pas cette image, je vais rapidement savoir si tu as des couillesdu courage et/ou si tu es mon pote".

Avis à tous les facebookers, en partageant ce type de statut, vous avez une tolérance à la manipulation par le chantage affectif - vous en avez été victime, et vous le propagez à votre tour. Et pour briser ce cercle vicieux la solution est en vous !

Heureusement, à moins d'être un psychopathe, il est toujours possible de se corriger ; à condition de se connaître. Quel type de manipulation êtes-vous susceptible d'exercer sur votre entourage ? Je reprends comme base (parce que c'était un délire entre pote au départ) l'article paru dans psychologie.com "Ne vous laissez plus manipuler !" en inversant le point de vue :

Ne manipulez plus... les autres !

L’éternelle victime

Est-ce qu'on vous a déjà fait remonter que vous vous plaignez tout le temps ? Y compris vis-à-vis de personnes qui, au final, n'y peuvent rien du tout ? Si oui, posez-vous la question : ne suis-je pas en train d'essayer d'obtenir quelque chose de mon entourage, de l'affection et de l'attention, en essayant de me faire plaindre ? Sérieusement, c'est une question qui mérite d'être posée !

Vous sentez-vous délaissés par votre entourage ? Avez-vous des difficultés à entrer en communication avec eux, pour utiliser cette stratégie de contournement ? Parlez-en à votre entourage, essayez de comprendre comment vos plaintes cherchent à utiliser le sentiment de culpabilité qu'elles engendrent.

Ce sentiment de culpabilité est-il justifié ? Ont-ils à se sentir coupables de vos malheurs ? Prenez-vous le temps de les écouter à votre tour, de savoir si, par hasard, leur vie n'est pas encore plus pourrie que la votre ? Il n'y a rien de pire que la fille qui appelle un copain qui vient de perdre son père pour se plaindre de la mort de son poisson-rouge ! Essayez d'équilibrer, et relativisez vos malheurs...

Le cadeau piégé

Moyen de manipulation utilisé en plus haut lieu, puisque c'est par ce biais que les super-puissances mondiales s'achètent les pays en voie de développement. Une petite remise de dette ? Allez hop ! C'est un mode de fonctionnement très politique basé sur le don/contre don. Voir pour cela l'Essai sur le don de Marcel Mauss.

L'idée: rendre l'autre redevable, induire un sentiment de dépendance du receveur par rapport au donneur. C'est typique des parents qui exigent de leurs enfants quelque chose, sous prétexte qu'ils ont changé leurs couches. Si vous avez ce travers, lorsque vous faites un cadeau, vous pouvez par exemple développer la sensation de l'avoir mis sur une liste : il est dans votre réseau comme dans une toile d'araignée. Vous l'activerez selon votre bon plaisir. Indice : vous êtes incapable d'oublier quels sont les cadeaux que vous faites autour de vous. Si c'est le cas, soit vous n'en faites peut-être pas assez, soit ils occupent une place dans votre esprit qu'il faudrait peut-être ajuster...

Apprenez donc la gratuité: offrir quelque chose sans attendre d'autre récompense que celle de savoir que vous faites le Bien. Vos enfants ne vous rendront peut-être pas ce que vous leur avez donné, mais vous avez sûrement aussi reçu d'ailleurs quelque chose que vous n'avez pas pu rendre. C'est à cette gratuité que l'on reconnaît les germes du Royaume de Dieu dans une société, dans un groupe, dans une famille. Vous pouvez demander une grâce d'oubli. Et si vous voulez faire un cadeau à quelqu'un mais que vous n'êtes pas sûr d'être dans la gratuité, offrez-le lui... sans jamais qu'il ne sache que le cadeau venait de vous! Méditez l'évangile (Matthieu 6,3) : "quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite"!

Le sauveur

Un moyen que j'ajoute par rapport à la liste de psychologie.com, qui ne ressort pas chantage affectif, mais qui me paraît suffisamment courant pour être évoqué... L'astuce implique de faire croire à l'autre qu'il se trouve face à un problème qui ne sera résolu que grâce à vos conseils. Ce n'est pas par culpabilité que le manipulé va se mettre à nous écouter, mais par intérêt personnel.

Première étape : convaincre l'autre qu'il est face à un problème. Deuxième étape : montrer qu'il ne trouvera pas seul la solution. Troisième étape : apporter la solution. Exemple: "Vous êtes sûr que vous voulez sortir ce soir? Il pleut des cordes! Vous allez prendre froid! Ça va être désagréable!" et une fois que les autres sont bien convaincus que leur soirée est à l'eau : "Ce que je propose, puisque personne n'a d'idées, c'est qu'on regarde un épisode de Doctor Who bien au chaud en mangeant une pizza". 

Le sauveur peut aussi apporter des solutions à des problèmes plus ou moins imaginaires pour le rendre débiteur. Dans ce cas, on est proche du "cadeau empoisonné", le cadeau étant la solution apportée. Là où cette stratégie a du succès, c'est qu'en résolvant les problèmes de l'autre, vous le rendez directement dépendant de vous. Le manipulé peut aller jusqu'à croire qu'il ne peut plus se passer de vous. Vous entrez dans une manipulation de long terme et ça va être dur pour vous d'arrêter parce que votre victime elle-même va être en demande de manipulation! Cercle vicieux où victime et coupable s'entretiennent...

Que faire contre cela ? Essayez de passer de la deuxième personne à la première. Non plus "vous allez prendre froid" mais "je ne veux pas prendre froid". Non plus "vous avez envie" mais "j'ai envie". La personne qui manipule projette sur les autres ses propres intérêts parce qu'elle est persuadée que si elle les exprime directement, ils ne seront pas respectés. Apprenez à exprimer vos désirs sans détour, à faire confiance... et à renoncer un peu à votre petit désir personnel pour prendre en compte celui des autres!

Au fond, la solution, c'est d'être un saint. Et être un saint - au sens chrétien du terme en tout cas - c'est d'accepter de donner sa vie à la suite du Christ. Donner sa vie implique de mourir... à soi-même d'abord, et parfois au monde.

Evidemment, ce que j'écris là ne vaut que dans le cas où la manipulation à un objet : je manipule parce que j'attends quelque chose de précis de l'autre. Le manipulateur pathologique manipule pour manipuler, pour avoir du contrôle. Vérité, liberté et altérité sont les trois mamelles de la charité, mais elles se nourrissent les unes les autres - bon, on ne va pas rentrer dans un débat philosophique non plus.

Nos rapports avec les autres peuvent gagner en vérité et en justice pour croître dans le respect de l'altérité... Sauf si l'objectif de ces rapports est justement l'annihilation de cette altérité ! Dans ce cas, achetez-vous un super-pouvoir pour contrôler les esprits... mais craignez qu'un super-héros vous torde le cou un de ces quatre!

Les commentaires sont fermés.