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03/09/2015

Au connard de bobo qui chiale seulement maintenant.

Cet article s'autodétruira quand je me serais calmée, peut-être après un petit tour dans une église.

Je ne sais pas pour vous, mais moi, j'ai juste envie de coller des baffes au prochain bobo qui s'émeut sur cette photo d'enfant mort. 

Pas parce que je n'ai aucune compassion pour ce môme, non. Bien-sûr que non. Bien-sûr que oui, j'ai de la compassion pour ces millions de personnes jetées sur les routes.

Pas parce que je vénère Poutine ou Al Assad comme une fangirl de Twilight adule Pattison, non, merci. Mais la charité n'est rien sans une bonne dose de réalisme.

Soit dit en passant, quand j'étais en Syrie il y a quelques années, sous l'atroce régime du sanglant Bachar Al Assad, je n'ai pas vu ces millions de gens de toutes ethnies et de toutes religions fuir leur pays en masse (vous le sentez passer, le sarcasme ?).

Soit-dit en passant, quand les rebelles ont commencé à s'armer et que tout le monde les soutenait, on a été nombreux à dire putain, les gars, ça va finir en massacre, en génocide, dans l'anarchie totale, on ne sait pas de qui ça va faire le jeu, et rien ne dit que ce qui arrive derrière sera meilleur.

Soit dit en passant, ça fait des mois que ma famille et mes potes "fachos" gèrent l'accueil de réfugiés et se bagarrent pour qu'ils obtiennent des visas tout en criant au feu.

L'émotion sans la vérité, voilà le résultat. L'émotion aveugle tue et ton silence passé est criminel.

Eh, au fait, la démocratie ne doit pas t'empêcher de penser par toi-même, d'aller voir sur place, de vérifier tes infos, de checker ce que font tes gouvernants. C'est la base de son fonctionnement.

Ces gens ont le choix entre l'exil ou la mort, et tu appelles ça un choix, toi? Tu crois que choisir entre l'exil et la mort, c'est être libre? Bien-sûr, que tu acceptes leur exil, puisque c'est ta faute s'ils n'ont plus que ce choix.

Connard!

C'est pour ça que je suis en colère contre toi et tes larmes de crocodile qui coulent sur un gosse syrien mort. Parce que moi ça fait des mois, des années même, que j'ai ouvert les yeux, et j'ai plus de larmes, il ne reste que la colère contre toi, connard qui a fermé ta gueule depuis l'origine. Toi le journaliste, le politicien, la célébrité, le bobo de service.

Tu as fermé les yeux pendant des années sur Daesh et sur ces rebelles prétendument modérés qui violent, torturent et tuent avec les armes que nos putains de gouvernants leur ont données. Comme s'il n'y avait pas déjà assez d'images atroces sur les réseaux sociaux pour t'informer.

Alors, connard, tu pouvais pas réagir avant? Pourquoi c'est maintenant que tu chiales? Après Ninive, après les martyrs chrétiens, le génocide des Yézidis, le meurtre des intellectuels? 

C'est ta faute, connard, tu peux pleurer maintenant. 

Et le pire, c'est que je pleure avec toi, enfoiré. Je croyais ne plus avoir de larmes, finalement tu vois, je ne suis pas si insensible que ce que tu veux croire.

Et si je suis aussi en colère contre toi, c'est parce que je crois que tu ne vas rien faire pour rétablir la justice. La justice, ce serait que ces réfugiés puissent rentrer chez eux, retrouver leur maison, leurs voisins, leur vie, la paix dans leur village, et reconstruire leur pays dans l'espoir que leurs enfants ne connaîtront plus jamais ce que eux ont vécu.

Mais tu te contenteras de refiler à ces migrants le chômage, les allocs, et un appart dans une cité qui ressemblera bientôt trait pour trait à ce pays ravagé qu'ils ont fui.

Je partage tes larmes, mais ne me demande pas de partager ta culpabilité.

J'attends que tu me surprennes.

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